Le Groenland pour plus de sécurité dans l'Arctique mais a des lignes rouges, dit son Premier ministre
information fournie par Reuters 28/01/2026 à 11:42

par John Irish

Le Premier ministre du Groenland a déclaré mercredi que certaines lignes rouges ne pouvaient pas être franchies dans les discussions avec les Etats-Unis, qui convoitent le territoire autonome danois, tout en reconnaissant la nécessité de renforcer la sécurité dans l'Arctique face à une Russie jugée agressive.

Jens-Frederik Nielsen se trouve à Paris avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Au lendemain d'un entretien à Berlin avec le chancelier allemand Friedrich Merz, les deux dirigeants doivent être reçus en milieu de journée à l'Elysée par Emmanuel Macron pour une nouvelle démonstration de solidarité européenne envers le Danemark et le Groenland face aux appétits de Donald Trump.

"Nous sommes soumis à une pression, une forte pression. Nous tentons de repousser (les pressions) extérieures. Nous tentons de rassurer notre population qui a peur et est effrayée", a dit Jens-Frederik Nielsen lors d'une conférence à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) avec Mette Frederiksen.

Même si Donald Trump est revenu la semaine dernière sur sa menace de droits de douane contre les pays européens soutenant le Danemark, dont la France, et a exclu de s'emparer du territoire par la force, le président américain continue d'afficher sa volonté de prendre le contrôle de l'île Arctique.

Des discussions doivent avoir lieu entre les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland pour tenter de trouver une issue à la crise, qui fragilise un peu plus la relation transatlantique, et Jens-Frederik Nielsen a prévenu que le territoire autonome avait des lignes rouges sur lesquelles il ne céderait pas malgré son espoir de parvenir à un accord avec Washington.

"Nous devons faire davantage en matière de surveillance et de sécurité dans notre région en raison de la façon dont se comporte la Russie à l'heure actuelle", a-t-il dit.

Mette Frederiksen a fait écho à ces propos. A ses yeux, cette crise a prouvé que les Européens étaient dans leur majorité alignés sur la même position et avaient été capables de s'unir pour repousser les menaces de Donald Trump.

Face à un ordre mondial irrémédiablement bouleversé et aux incertitudes quant à l'évolution de la diplomatie américaine, la Première ministre danoise a jugé qu'il était vital pour l'Europe de devenir plus forte tout en préservant le lien transatlantique face à ce qu'elle a dénoncé comme un bellicisme russe.

"Si nous permettons à la Russie de gagner en Ukraine, elle continuera", a-t-elle dit. "Le mieux à faire pour les Etats-Unis, l'Europe est de rester solidaires."

La Russie rejette les accusations selon lesquelles elle constituerait, avec la Chine, une menace envers le Groenland.

(Reportage John Irish, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)