Le chancelier allemand en visite en Ukraine, un pont de Kiev attaqué de nouveau information fournie par AFP 04/10/2026 à 19:37
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu dimanche à Kiev pour apporter son soutien et une nouvelle promesse d'aide financière à l'Ukraine au moment où la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes, qui ont visé un pont pour le quatrième jour d'affilée.
Deux des huit ponts sur le Dniepr que compte Kiev ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, difficiles à intercepter, provoquant de gigantesques embouteillages.
"Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d'urgence se rendent sur place", a annoncé dans la matinée le maire Vitaly Klitschko sur la messagerie Telegram. Peu auparavant, les autorités ukrainiennes avaient émis une alerte aux drones se dirigeant vers la capitale.
Friedrich Merz est arrivé dans la matinée à Kiev, disant dans un communiqué être venu car "l'Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir". "Si la Russie n'est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous", a-t-il affirmé.
Des sirènes antiaériennes ont retenti à plusieurs reprises et un journaliste de l'AFP a entendu de lointaines explosions lorsque le chancelier allemand se rendait au côté du président Volodymyr Zelensky sur le site de l'Académie des sciences de Kiev, récemment endommagée par une attaque russe.
M. Zelensky a qualifié de "productifs" ses entretiens avec M. Merz, qui a offert une nouvelle aide financière, un "programme complet d'une valeur de plus de 1,3 milliard d'euros" comprenant des armements et un soutien au secteur énergétique ukrainien avant un hiver qui s'annonce difficile.
"Journées épouvantables"
"C'est ici que l'on peut constater toute l'absurdité de cette guerre", a déclaré M. Merz au côté de M. Zelensky, ajoutant : "Ces attaques barbares contre la population civile ukrainienne doivent cesser."
Le président ukrainien a lui souligné que la capitale vit "une situation terrible, des nuits et des journées épouvantables". "Il est essentiel que l'Ukraine ne soit pas laissée seule face à cette terreur", a-t-il ajouté dans un message sur Telegram.
L'Ukraine craint l'arrivée de l'hiver car l'armée russe pourrait être en mesure d'infliger d'importants dégâts aux centrales électriques, comme en 2025, lorsque des millions de personnes avaient été plongées par moments dans le noir et le froid par des températures glaciales.
La Russie a d'ailleurs annoncé qu'elle allait "intensifier" ses frappes "contre les installations militaires et industrielles, ainsi que contre les infrastructures qui y sont liées" en Ukraine, en réponse à des déclarations de M. Zelensky promettant davantage d'attaques contre les raffineries russes.
Impopulaire dans son pays, M. Merz arrive en Ukraine après de cinglantes défaites électorales régionales face au parti d'extrême droite AfD, qui prône un arrêt de l'aide à Kiev et une normalisation des relations avec Moscou. Ce parti arrive en tête des intentions de vote au niveau national.
Sa visite arrive aussi au lendemain d'un appel de la Russie suggérant aux diplomates et étrangers se trouvant à Kiev à quitter la ville, avant de nouvelles "frappes de représailles massives" contre "des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes".
Kiev "saccagée"
Volodymyr Zelensky a annoncé plus tard dimanche que les États-Unis prévoyaient d'organiser des pourparlers trilatéraux avec des représentants russes et ukrainiens fin octobre.
"La partie américaine est actuellement en contact avec l'Ukraine et la Russie et propose d'organiser d'une manière ou d'une autre une réunion au niveau technique, dans un format trilatéral, d'ici la fin du mois d'octobre", a déclaré M. Zelensky lors d'une conférence de presse.
Le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, a de son côté fait savoir que son pays cherchait à jouer un rôle accru de médiateur entre la Russie et l'Ukraine pour mettre fin à la guerre.
"Nous plaidons pour cela depuis plusieurs années, mais ces derniers mois, nous nous sommes un peu plus impliqués, au-delà d'un simple plaidoyer, et nous avons eu des discussions avec la Russie et l'Ukraine à ce sujet", a-t-il déclaré lors d'une réunion de la Conférence sur la sécurité de Munich, qui se tenait à New Delhi.
Kiev a été particulièrement prise pour cible ces dernières semaines par des vagues quasi-quotidiennes de drones, au moment où l'Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens et à un gigantesque déficit budgétaire que les Européens peinent à combler.
Son maire Vitaly Klitschko avait qualifié vendredi la situation dans la capitale d'"extrêmement dramatique" et estimé que Moscou était en train de "saccager" la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et sa logistique.
L'Ukraine et la Russie ont nettement fait monter en puissance leurs frappes à longue portée ces derniers mois, visant un nombre croissant de sites civils et faisant toujours plus de victimes.
La Russie a dévasté par ses frappes le secteur de la métallurgie de l'Ukraine et mis à l'arrêt une grande partie de ses exportations agricoles par la mer Noire, portant un coup à l'économie.
L'Ukraine vise de son côté des raffineries et dépôts de pétrole en Russie, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ou encore des entrepôts de géants du e-commerce.