Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran fragilisé avant les négociations information fournie par Reuters 10/04/2026 à 04:49
par Parisa Hafezi, Maya Gebeily, Maayan Lubell et Ariba Shahid
Le cessez-le-feu conclu entre les Etats-Unis et l'Iran semblait de plus en plus fragile vendredi, alors que Washington a accusé Téhéran de ne pas respecter ses promesses concernant le détroit d'Ormuz et qu'Israël a mené des bombardements au Liban qui, selon l'Iran, violent l'accord de trêve.
Rien n'indique que l'Iran se prépare à rouvrir le détroit d'Ormuz, de facto bloqué par Téhéran en réponse à la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, alors que des délégations américaine et iranienne doivent se rencontrer au Pakistan pour des négociations dans le cadre de la trêve de deux semaines annoncée mercredi.
Le président américain Donald Trump a estimé jeudi soir sur son réseau Truth social que Téhéran ne remplissait "pas du tout son rôle" en ce qui concerne la circulation du pétrole dans le détroit d'Ormuz. "Ce n'est pas l'accord que nous avons!", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
Plus tôt, il avait affirmé que le pétrole allait de nouveau affluer, "avec ou sans l'aide de l'Iran", sans toutefois préciser quelles mesures les Etats-Unis pourraient prendre.
Seuls un pétrolier et cinq vraquiers ont franchi le détroit d'Ormuz durant les 24 premières heures du cessez-le-feu, contre une moyenne quotidienne de 140 navires avant le début du conflit le 28 février.
NOUVELLES ATTAQUES
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir frappé dix lanceurs de roquettes au Liban qui avaient tiré des roquettes en direction du nord d'Israël jeudi soir.
Le Hezbollah a lancé un missile vers Israël, ce qui a déclenché les sirènes d'alerte, a fait savoir Tsahal. Le Times of Israel a rapporté que le missile avait été intercepté.
Le Hezbollah a dit avoir visé tard jeudi des infrastructures de "l'armée israélienne" dans la ville de Haïfa, dans le nord d'Israël.
Les Etats-Unis et Israël ont affirmé que le Liban n'était pas inclus dans l'accord de cessez-le-feu conclu avec l'Iran.
L'Iran et le Pakistan, qui sert de médiateur entre Washington et Téhéran, ont dit que l'accord s'appliquait également au Liban.
Le président du Parlement iranien, Mohammed Bager Qalibaf, considéré comme le négociateur en chef de la délégation iranienne, a déclaré que le Liban et les alliés de l'Iran dans la région faisaient partie intégrante de tout accord de cessez-le-feu.
Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi que l'Iran ferait payer le prix de cette guerre.
"Nous ne laisserons certainement pas impunis les agresseurs criminels qui ont attaqué notre pays. Nous exigerons sans aucun doute réparation pour chaque dommage infligé", a-t-il dit dans un communiqué.
NÉGOCIATIONS USA-IRAN PRÉVUES SAMEDI
Les autorités pakistanaises se préparaient à accueillir samedi le premier cycle de négociation entre les Etats-Unis et l'Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin aux hostilités.
Téhéran a transmis une proposition en dix points parmi lesquelles figurent le contrôle de la circulation dans le détroit d'Ormuz, la reconnaissance du droit de l'Iran à l'enrichissement nucléaire, la levée des sanctions et la fin de la guerre contre l'Iran et ses groupes alliés.
Au lendemain d'intenses bombardements de l'armée israélienne au Liban, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir donné pour instruction à son gouvernement d'ouvrir dès que possible des négociations avec Beyrouth.
"Les négociations vont se focaliser sur le désarmement du Hezbollah et l'instauration de relations pacifiques entre Israël et le Liban", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Un haut responsable libanais a dit à Reuters que Beyrouth avait demandé un cessez-le-feu temporaire pour permettre la tenue de discussions avec Israël.
Ces potentiels pourparlers seraient "sur une voie séparée mais sur le même modèle" que la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran chapeautée par le Pakistan, a-t-il ajouté.
Un haut représentant israélien a déclaré jeudi qu'Israël se préparait à "réduire" ses attaques au Liban.
Un autre responsable israélien a déclaré que les discussions avec le Liban devaient débuter la semaine prochaine à Washington. Un responsable du département d'Etat américain a confirmé que les Etats-Unis accueilleraient la réunion afin de "discuter des négociations de cessez-le-feu en cours".
Un élu du Hezbollah, mouvement représenté au Parlement libanais, a déclaré que le groupe rejetait toute négociation directe avec Israël, appelant le gouvernement libanais à exiger en premier lieu un cessez-le-feu avant d'engager des étapes supplémentaires.
(Avec Laila Bassam et les rédactions de Reuters, rédigé par Rod Nickel; version française Camille Raynaud)