Lancement en Guyane d'une campagne de vaccination pour freiner l'épidémie de chikungunya
information fournie par AFP 02/06/2026 à 20:56

L'Agence régionale de santé (ARS) de Guyane a commandé 2.500 doses de vaccins contre le chikungunya à destination des plus vulnérables pour freiner l'épidémie "en phase exponentielle" dans le département amazonien ( AFP / Richard BOUHET )

L'Agence régionale de santé (ARS) de Guyane a commandé 2.500 doses de vaccins contre le chikungunya à destination des plus vulnérables pour freiner l'épidémie "en phase exponentielle" dans le département amazonien, ont indiqué mardi les autorités sanitaires.

Depuis janvier, le virus de cette maladie transmise par les moustiques de genre Aedes circule et se diffuse progressivement en Guyane. Au 28 mai, 513 cas ont été confirmés dans le territoire ultramarin par Santé publique France (SpF), dont 101 ayant conduit à une hospitalisation.

La circulation de l'épidémie est "en phase exponentielle", a indiqué au cours d'une conférence de presse le directeur général de l'ARS, Bertrand Parent. La campagne de vaccination ciblera en priorité les personnes âgées de plus de 65 ans et/ou présentant des comorbidités.

Deux vaccins autorisés par l'Agence nationale de sécurité du médicament - Vimkunya et Ixchiq - seront mis gratuitement à disposition, sur prescription médicale.

"Nous disposons déjà de 1.000 doses sur le territoire et en avons commandé 2.500 en tout", a précisé M. Parent. "L'objectif est d'avoir en permanence 1.000 doses disponibles", a-t-il ajouté.

Cette campagne vaccinale est assortie de mesures traditionnelles de lutte anti-vectorielle, comme la destruction des gîtes larvaires, des actions de prévention ou la limitation des eaux stagnantes.

Des moyens particuliers seront déployés dans l'ouest de la Guyane, qui concentre "74% des cas biologiquement homologués", selon le dernier bulletin de Santé publique France.

En avril, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé mardi d'utiliser le vaccin Vimkunya (Bavarian Nordic) pour les plus vulnérables, les personnes de 65 ans et plus et celles de 12-64 ans avec des comorbidités. Le vaccin Ixchiq ne peut être "proposé qu'aux 18-64 ans et après un examen approfondi des bénéfices et des risques individuels", selon la même source.

Quoique rarement mortel, le chikungunya peut laisser des séquelles invalidantes. Entre 40 et 60% des personnes touchées rapportent des arthralgies chroniques (douleurs aux articulations) plus de trois mois après l'infection, souligne la Haute autorité de santé.

La dernière épidémie en Guyane, en 2014, avait touché 20% de la population et entraîné 500 hospitalisations pour des formes graves, selon une étude de 2017 de SpF.

En 2025, la maladie de "l'homme courbé", en pleine croissance depuis 20 ans, a touché un demi-million de personnes dans le monde, dont 300.000 dans les Amériques, et provoqué 186 décès, d’après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).