Laits infantiles: la Défenseure des droits saisie par une association
information fournie par Boursorama avec AFP 06/02/2026 à 14:09

Nestlé et Lactalis ont annoncé le rappel de laits infantiles dans plusieurs pays après la détection possible de céréulide. ( AFP / OMAR HAJ KADOUR )

Une association a saisi vendredi la Défenseure des droits pour engager une enquête sur les rappels massifs de laits infantiles, à l'oeuvre depuis plusieurs semaines et accélérés ces derniers jours, une affaire donnant déjà lieu à plusieurs actions en justice.

"Nous souhaitons (...) vous saisir au sujet de l'affaire des laits infantiles ayant fait l’objet de multiples rappels en raison d’un risque de contamination à la toxine céréulide", écrit l'Association pour la santé des enfants dans un courrier à la Défenseure des droits, Claire Hédon.

Cette affaire représente une "atteinte aux droits fondamentaux des enfants et au bon fonctionnement des services publics", juge l'association, qui a déjà demandé fn janvier à la justice des mesures administratives d'urgence pour un retrait plus massif de laits.

L'affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi par des plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance.

Les autorités européennes ont, début février, abaissé les seuils tolérés de céréulide, provoquant une nouvelle vague de rappels dont, notamment jeudi, un nombre importants de produits Danone.

Aucun problème de santé n'a pour l'heure été directement lié à la consommation de ces laits, alors que la céréulide peut provoquer des vomissements potentiellement dangereux chez un nourrisson, mais la France enquête actuellement sur le décès de deux bébés qui avaient consommé des produits concernés par un rappel.

"Nous demandons qu’une enquête approfondie soit menée sur les manquements possibles des autorités sanitaires et des industriels, tant dans la prévention du risque que dans l’information des familles et la prise en charge des conséquences", explique l'Association pour la santé des enfants dans un communiqué accompagnant la saisine.

L'association dénonce tout particulièrement les nouveaux retraits à la suite de l'abaissement des seuils réglementaires: "Pour les familles, le message est incompréhensible: ce qui était +sans danger+ la semaine dernière ne le serait plus ce matin".

Les actions en justice engagées en France comprennent déjà notamment une plainte de l'ONG Foodwatch et de plusieurs familles visant à la fois l'Etat et les entreprises concernées, accusées d'avoir tardé à rappeler leurs lots suspects.