La verrerie Duralex sauvée, 155 emplois conservés
information fournie par AFP 14/10/2026 à 15:50

Un salarié contrôle un verre à l'usine Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, le 31 juillet 2024 dans le Loiret ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )

Duralex est sauvée : la justice a validé le projet de reprise de l'entrepreneur Cédric Meston, qui prévoit la sauvegarde de 155 des quelque 220 emplois de la célèbre verrerie.

"C'est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex", s'est félicité auprès de l'AFP Cédric Meston, qui reprend la verrerie via sa holding Tomé, connu notamment comme cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) et pour avoir repris Tupperware France en 2025.

"C’est une vraie responsabilité, on fera tout pour être à la hauteur et que la société soit pérenne", a-t-il ajouté.

L'entreprise, connue pour ses verres réputés incassables, était plongée dans l'incertitude depuis son placement en redressement judiciaire le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années.

Moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative, qui s'est soldée par un échec cuisant, Duralex veut croire dans un nouveau plan de relance.

"On va voir comment ça va se passer. On attend de voir la suite, on ne veut pas se faire de faux espoirs", a réagi Philippe Dos Anjos, un technicien de maintenance avec 24 ans d'ancienneté.

155 emplois sont repris sur le site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), soit plus de 70% des emplois en CDI, avec un plan de financement de 16 millions d'euros, dont six millions d'euros de soutiens publics avec des prêts de la région Centre-Val de Loire et d'Orléans Métropole et des financements de l'État.

Le milliardaire Xavier Niel, via sa holding NJJ Capital, est aussi associé au projet de reprise.

M. Meston, âgé de 32 ans, prévoit un redimensionnement de la production au niveau des ventes et un repositionnement vers de nouvelles gammes, "pour mieux répondre aux nouvelles attentes des consommateurs". Silham El Kasmi devient la nouvelle directrice générale de Duralex, après avoir passé 23 ans chez Saint-Gobain puis chez Saur.

"Verre le plus vert"

Deux projets de reprise étaient présentés au tribunal de commerce qui a annoncé sa décision, deux jours seulement après la dernière audience.

Des boîtes de verres Duralex exposées au salon du Made in France à la porte de Versailles, à Paris, le 7 novembre 2025 ( AFP / Thomas SAMSON )

Une autre offre de reprise, déposée par l'industriel stéphanois Carlesimo, proposait de reprendre 129 salariés.

Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a salué dans un message transmis à l'AFP "une nouvelle page de l'histoire de cette entreprise emblématique de notre savoir-faire industriel".

Le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, estime que "pour Duralex, marque emblématique et historique, pour ses salariés, tout devait être fait", ajoutant avoir soutenu "la meilleure offre industrielle et sociale".

Mais au moins 64 personnes vont perdre leur emploi.

"C'est affreux, nous sommes sincèrement désolés pour eux et leur famille", a concédé Cédric Meston, précisant que les salariés concernés "n'étaient pas encore connus".

Les collectivités et l'Etat ont promis de les accompagner dans leur recherche d'emplois. Le ministre Sébastien Martin, qui se rendra vendredi sur le site, a assuré qu'il serait "attentif à l'accompagnement des salariés qui ne seront pas conservés, pour favoriser leur retour à l'emploi".

La décarbonation du site, où la consommation d'énergie pèse aujourd'hui près de 20 % du chiffre d'affaires de Duralex, est une des priorités du repreneur, qui veut faire de Duralex "le verre le plus vert au monde".

Il prévoit la conversion du four, qui fonctionne au gaz, vers une technologie 100 % électrique à l'horizon 2029. Il supprimera l'essentiel des émissions de CO2 du site.

Populaire

La décision du tribunal de commerce marque aussi la fin du projet de coopérative. Très populaire, la marque avait récolté 7 millions d'euros auprès des particuliers, dans le cadre d'une levée de fonds organisée fin 2025, une somme qui n'aura pas permis d'assurer sa pérennité.

Des salariés de Duralex et des syndicalistes CGT devant le tribunal de commerce d'Orléans, le 17 septembre 2026 dans le Loiret ( AFP / Alain JOCARD )

Parallèlement, la société fait l'objet d'une enquête du parquet d'Orléans qui n'a pas précisé les chefs retenus, mais a précisé que des "perquisitions" avaient été menées, notamment au siège de Duralex.

L'ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure emblématique de la reprise en Société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine qu'il avait nommé directeur financier, pourraient en particulier être visés par la procédure.

Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients "démentent toute implication dans d'éventuelles malversations".