La Turquie arrête 26 personnes lors de raids visant la communauté LGBTQ+
information fournie par Reuters 13/09/2026 à 12:31

Les autorités turques ont interpellé 26 personnes et perquisitionné les locaux de six associations LGBTQ+ lors d'une série de descentes menées à la suite d'allégations de prostitution et d'obscénité, ont indiqué les procureurs.

Cette répression s'inscrit dans le cadre d'une campagne qui, selon le gouvernement, vise à protéger les valeurs familiales.

Le bureau du procureur général d'Istanbul a indiqué que des opérations avaient été menées dans 12 provinces contre 38 suspects au cours du week-end, au cours desquelles les autorités ont saisi de la drogue, du matériel numérique, de l'alcool de contrebande et une arme à feu.

L'association LGBTQ+ Kaos GL, basée à Ankara, a déclaré qu'au moins 50 activistes avaient été placés en garde à vue – un chiffre supérieur à celui avancé par le bureau du procureur général –, dont plus de 10 ont été interpellés lors de perquisitions policières à leur domicile.

Elle a par ailleurs indiqué que les autorités avaient bloqué l'accès à des dizaines de sites internet et de comptes sur les réseaux sociaux liés à des organisations LGBTI+, à des militants et à des défenseurs des droits.

Nommée "Ma famille est en sécurité", cette campagne de répression menée par le gouvernement intervient alors que le président Recep Tayyip Erdogan promeut une "décennie de la famille et de la population" censée lutter contre la baisse du taux de natalité et le vieillissement démographique.

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent le gouvernement turc de s'en prendre de plus en plus à la communauté LGBTQ+ depuis quelques années par le biais d'un durcissement du discours et des restrictions.

"Le véritable nom de cette opération n'est pas 'Ma famille est en sécurité' ; il s'agit de discrimination d'État, d'une politique de la peur et du démantèlement de la société civile", a déclaré l'Association turque des droits de l'homme sur X.

Le parquet a fait état de preuves montrant que des enfants et des mineurs subissent une influence inappropriée en matière d'orientation sexuelle et d'identité de genre.

Le ministre de la Justice, Akin Gurlek, a déclaré que les enquêtes coordonnées par les parquets d'Istanbul, d'Ankara, d'Izmir, d'Aydin et de Mersin donnaient lieu à des poursuites judiciaires à l'encontre de 162 suspects, neuf associations et 13 entreprises réparties dans 15 provinces.

(Reportage Ece Toksabay et Daren Butler, version française Benjamin Mallet)