La taxe carbone européenne, un "outil essentiel" pour les fabricants d'engrais
information fournie par Boursorama avec AFP 19/02/2026 à 17:56

( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

La taxe carbone sur les engrais aux frontières de l'Union européenne, dont la France a demandé la suspension, est "un outil essentiel" pour construire la souveraineté européenne et protéger l'industrie des fertilisants d'une concurrence déloyale, ont affirmé jeudi les fabricants français.

Ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières européennes (MACF), entré en vigueur le 1er janvier, concerne acier, aluminium, ciment, électricité, hydrogène et engrais. Il vise à verdir les importations européennes et éviter la concurrence déloyale d'industries soumises à des normes environnementales moins strictes que dans l'UE.

Mais l'application de cette taxe pourrait être temporairement suspendue pour les engrais, en réponse à la bronca des agriculteurs, qui dénoncent hausse des coûts et baisse de l'offre.

"Cette taxe a été proposée en 2022 par la France. Nous sommes circonspects de voir qu'aujourd'hui c'est la France qui demande la suspension de cet outil essentiel pour protéger notre industrie et garantir des règles du jeu équitables", a déclaré Renaud Bernardi, président de l'Unifa, qui regroupe les producteurs d'engrais en France.

Alors que 60% des engrais consommés en Europe sont importés, "il faut accélérer la transition", affirme-t-il, soulignant que "les engrais européens ont une empreinte carbone en moyenne inférieure de 50% par rapport aux importations".

Pour l'Unifa, qui devient France fertilisants, la remise en question du MACF "envoie un signal contradictoire et plonge une partie de la filière des engrais dans une incertitude réglementaire préoccupante": une situation de "forte illisibilité pour les acteurs économiques", qui nuit autant aux agriculteurs qu'aux industriels.

Ces derniers expliquent avoir une capacité de production supplémentaire de 20% mais ne pouvoir augmenter massivement une offre pour laquelle ils ne sont pas certains de trouver preneur, faute de commandes de leurs clients.

Or la tendance de fond est à la baisse de la consommation d'engrais, avec une réduction de 38% des livraisons en 30 ans selon l'Unifa.