La Syrie désireuse de parvenir à un accord sécuritaire avec Israël, dit Al-Charaa
information fournie par Reuters 27/07/2026 à 00:24

La Syrie est désireuse de parvenir à un accord sécuritaire avec Israël, a déclaré le président syrien Ahmed al-Charaa dans un entretien dimanche à la chaîne de télévision Al Jazeera.

Il a ajouté qu'un tel accord pourrait ouvrir la voie à une paix plus large entre les deux pays, sans compromettre les droits de Damas sur le Plateau du Golan, dont Israël a pris le contrôle lors de la guerre des Six-Jours en 1967 avant de l'annexer partiellement en 1981.

Ahmed al-Charaa a déclaré que la Syrie voulait impliquer un groupe élargi de pays afin que ceux-ci fassent pression sur Israël pour que l'Etat hébreu adopte une politique plus équilibrée à l'égard de la Syrie.

"Nous voulons éviter de nous retrouver dans des confrontations", a-t-il dit.

Dans la foulée de la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 à la suite d'une offensive d'une alliance de rebelles dirigée par Ahmed al-Charaa, l'armée israélienne a effectué des incursions supplémentaires en Syrie et saisi des territoires stratégiques, notamment la partie syrienne du Mont Hermon qui surplombe la capitale Damas.

L'Etat hébreu, qui effectue de longue date des frappes aériennes en Syrie contre ce qu'il présente comme des cibles militaires iraniennes et des milices alignées sur Téhéran dont le Hezbollah libanais, a procédé à une nouvelle campagne de bombardements et a dit également mener des "missions de protection" de la minorité druze dans le sud-ouest du pays.

Selon l'agence de presse officielle syrienne Sana, l'armée israélienne a frappé dimanche plusieurs zones de Syrie et détruit un transformateur électrique dans le village de Maariyah, privant des foyers d'électricité.

L'interview donnée par Ahmed al-Charaa coïncide avec la venue en Syrie d'Antonio Guterres, premier secrétaire général de l'Onu à effectuer une visite dans le pays depuis 2009.

Via le réseau social X, Antonio Guterres a appelé dimanche au respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de la Syrie. "Les violations par Israël de l'Accord de désengagement de 1974 sont inacceptables et doivent cesser", a-t-il écrit.

Par ailleurs, Ahmed al-Charaa a déclaré à Al Jazeera que Damas n'"envisage pas d'intervention militaire" au Liban, une hypothèse évoquée par le président américain Donald Trump pour aider à "neutraliser" le Hezbollah. Le mouvement armé libanais a soutenu Bachar al-Assad face aux rebelles syriens menés par Al Charaa.

(Yasmine Ghania, Muhammad Al Gebaly et Nazih Osseiran; version française Jean Terzian)