La Suède appelle l'Union Européenne à durcir la délivrance de visas touristiques aux Russes
information fournie par Reuters 04/06/2026 à 17:29

Le drapeau suédois flotte sur un bateau devant la Stadshuset de Stockholm

Le ministre suédois de ‌l'Immigration a exhorté jeudi l'Union européenne à durcir les règles relatives à ​l'octroi de visas touristiques aux ressortissants russes, jugeant "insensé" que des Russes passent des vacances en Europe alors que des Ukrainiens meurent sur le champ de bataille.

La ​Suède et dix autres pays membres de l'UE ou de l'espace de libre-circulation Schengen ont adressé ​mercredi une lettre à la cheffe de ⁠la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et au commissaire à l'Immigration, Magnus ‌Brunner, soulignant que le nombre de visas touristiques délivrés aux Russes avait augmenté malgré la guerre menée par Moscou en ​Ukraine.

Ils exhortent la Commission ‌européenne à renforcer et harmoniser d'urgence les restrictions, soulignant que ⁠les disparités en la matière compromettent la sécurité des pays européens et les sanctions imposées à la Russie depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine ⁠en 2022.

Selon les ‌données citées dans la lettre, que Reuters a pu consulter, ⁠477.878 visas Schengen ont été délivrés en 2025 à des ressortissants russes ‌à des fins touristiques, contre 440.558 en 2024, permettant à ⁠ces derniers de circuler librement dans l'ensemble des pays de ⁠l'espace Schengen.

"Je trouve ‌franchement insensé de voir des centaines de milliers de touristes russes venir en ​Europe pour profiter du soleil", a ‌dit à Reuters le ministre suédois de l'Immigration, Johan Forssell, en marge d'une réunion de l'UE ​sur la justice et les affaires intérieures à Luxembourg.

"Ils font des virées shopping le week-end, boivent du vin rosé, alors que dans le ⁠même temps, des Ukrainiens meurent sur le champ de bataille."

La lettre adressée à Kaja Kallas et Magnus Brunner a été signée par le Danemark, l'Estonie, la Finlande, l'Islande, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque et la Suède.

(Reportage d'Amina Ismail ; version française Tangi Salaün, ​édité par Sophie Louet)