La start-up Ynsect, liquidée en décembre, a bénéficié d'environ 148 millions d'euros d'argent public (Bercy) information fournie par Boursorama avec AFP 30/01/2026 à 08:03
La start-up Ynsect, spécialisée dans la production de protéines et d'engrais à base d'insectes, liquidée début décembre, a bénéficié d'environ 148 millions d'euros de financements publics depuis 2012, a appris l'AFP jeudi auprès du ministère de l'Economie et des Finances.
"Entre 2012 et 2025, les financements publics représentent environ 148 millions d'euros, dans un ensemble où les investisseurs privés restent largement majoritaires", a indiqué à l'AFP Bercy, sollicité au lendemain de la publication d'un article de Mediapart sur le sujet.
Parmi ces subsides, "au titre du programme d'investissements d'avenir (PIA) et France 2030, environ 8 millions d'euros de subventions et 76 millions d'euros en fonds propres et obligations convertibles", précise cette source, qui voit dans la faillite de l'entreprise "les risques de l'innovation industrielle dans un secteur encore jeune".
"Le projet reposait sur une technologie de rupture, avec des risques techniques, industriels et financiers élevés dès le départ", dit cette source, plaidant que "le soutien public avait une logique stratégique claire: souveraineté alimentaire, innovation industrielle et transition écologique".
Pour expliquer l'échec du projet, jugé largement surdimensionné par d'anciens salariés, le ministère cite des "difficultés techniques et industrielles", l'impact du Covid-19 ou de la flambée des coûts de l'énergie après l'invasion russe de l'Ukraine.
Spécialisé dans l'élevage et la transformation d'insectes pour l'alimentation animale, humaine et les engrais, Ynsect a levé au total 600 millions de dollars auprès d'investisseurs depuis sa création en 2011, y compris de la banque publique d'investissement Bpifrance.
Interrogé sur le sujet mi-décembre par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, son directeur général Nicolas Dufourcq avait expliqué avoir "cru" dans le projet.
"On nous demande de soutenir, soutenir, soutenir, et quand on soutient, soutient, soutient, on est des branquignoles. Non! Ynsect on y a cru, on a voulu y croire", avait-il plaidé.
"Des entreprises qui produisent à base d'insectes, il y en a trois en France, on les a toutes financées. Il y en a deux en train de réussir, et il y en a une qui est tombée", avait déclaré M. Dufourcq, estimant que la construction à Poulainville, dans la Somme, d'un important site industriel (une "gigafactory") avait été une "erreur".
"On ne peut pas tout réussir dans la réindustrialisation", avait-il estimé.
L'entreprise, placée en redressement judiciaire en mars 2025, avait supprimé 137 postes sur environ 200, avant d'être liquidée en décembre.