La Russie exporte toujours davantage de pétrole brut qu'avant la guerre, un rapport pointe "d'importantes failles" dans les sanctions information fournie par Boursorama avec Media Services 24/02/2026 à 10:24
Les recettes pétrolières de Moscou, qui alimentent sa machine de guerre, sont néanmoins tombées en dessous des niveaux pré-invasion, la Russie ayant été contrainte d'appliquer des rabais sur ses prix, indique le rapport publié ce mardi 24 février par un groupe de réflexion finlandais.
Moscou peut remercier sa "flotte fantôme". Malgré une baisse l'année dernière, la Russie exporte toujours davantage de pétrole brut qu'avant son invasion de l'Ukraine en 2022, montre un rapport publié ce mardi 24 février par le Centre pour la recherche sur l'énergie et la propreté de l'air (CREA), un groupe de réflexion finlandais. Le volume des exportations de brut russes reste supérieur de 6% aux niveaux d'avant-guerre, malgré les sanctions occidentales contre la "flotte fantôme".
La flotte fantôme russe, dont les effectifs varient de 600 à 1.400 bateaux selon les estimations, est utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole. Cependant, les recettes pétrolières de Moscou, qui alimentent sa machine de guerre, sont tombées en dessous des niveaux pré-invasion, la Russie ayant été contrainte d'appliquer des rabais sur ses prix, indique le rapport. Ces revenus ont diminué de 18% sur un an (à 85,5 milliards d'euros), tandis que les volumes ont reculé de 6%, et se sont établis à 215 millions de tonnes, au cours des douze derniers mois précédant le 24 février.
93% du brut russe a été exporté vers la Chine, l'Inde et la Turquie. "Nous avons constaté une baisse significative des revenus générés par les exportations russes de combustibles fossiles en raison des nouvelles mesures et d'une application plus stricte des sanctions", souligne Isaac Levi, analyste au CREA et co-auteur du rapport, auprès de l'AFP. Mais "il existe encore d'importantes failles et des domaines qui n'ont pas été pris en compte par les pays ayant imposé des sanctions", ce qui permet aux volumes en circulation de rester élevés. Parmi ces failles figurent la fausse immatriculation des navires ainsi que la réexportation de carburants raffinés issus de pétrole brut russe qui atterrissent dans les pays imposant des sanctions.
La Hongrie et la Slovaquie appelées à mettre un terme à leurs importations de pétrole russe
"Nous proposons d'interdire les importations provenant de toute raffinerie ou terminal de stockage ayant reçu une cargaison de pétrole russe au cours des six derniers mois", dit Isaac Levi. Le rapport exhorte l'Union européenne (UE) et le Royaume-Uni à arraisonner "les navires de la flotte fantôme russe qui posent des menaces environnementales et sécuritaires aux côtes européennes et britanniques". L'UE recense 598 navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte, auxquels l'accès aux ports européens et aux services maritimes est interdit.
Le CREA appelle aussi la Hongrie et la Slovaquie à mettre un terme à leurs importations de pétrole russe. Ces deux pays, exemptés des sanctions européennes sur les importations de pétrole russe, ont accru ces importations de 11% au cours des dix premiers mois de 2025 par rapport à la même période l'année précédente, souligne le rapport.