La Russie enquête sur le fondateur de Telegram Pavel Durov information fournie par Reuters 24/02/2026 à 11:26
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par Guy Faulconbridge
MOSCOU, 24 février - La Russie a annoncé mardi une enquête contre le fondateur de Telegram, Pavel Durov, dans le cadre d'une affaire pénale impliquant des accusations de terrorisme alors que Moscou cherche à bloquer la plateforme de messagerie cryptée.
"Les actions du dirigeant de Telegram, P. Durov, font l'objet d'une enquête dans le cadre d'une affaire pénale pour crime au titre de la partie 1.1 de l'article 205.1 (soutien à des activités terroristes) du Code pénal russe", a rapporté le journal officiel russe Rossiïskaïa Gazeta.
Le journal affirme que Telegram est devenu un outil de l'Otan et de l'Ukraine, largement utilisé par des radicaux et des terroristes et qu'il représente une "menace pour notre société".
Telegram n'a pas répondu à une demande de commentaire et Pavel Durov n'a pas pu être joint. L'application a nié à plusieurs reprises les allégations de la Russie selon lesquelles elle serait un refuge pour les activités criminelles et compromise par les services de renseignement occidentaux et ukrainiens.
Depuis sa création en 2013, Telegram est devenu l'une des sources d'information les plus importantes en Russie, y compris pour les soldats des deux côtés de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine.
L'application est utilisée par le Kremlin ainsi que par les blogueurs et les propagandistes favorables à Vladimir Poutine. Telegram est aussi un outil pour les groupes d'opposition au président russe à l'étranger et pour les responsables ukrainiens, dont le président Volodimir Zelensky.
Depuis plusieurs mois, Moscou tente de renforce son contrôle sur Telegram. Les autorités russes ont d'abord ralenti les appels vocaux et vidéo, puis bloqué brièvement l'application pour certains utilisateurs au début du mois. Telegram fonctionnait toujours mardi pour les journalistes de Reuters à Moscou.
Plus tôt ce mois-ci, Pavel Durov a dénoncé une "mesure autoritaire" de Moscou et affirmé que Telegram ne changerait pas de cap.
"Telegram défend la liberté et la vie privée, quelle que soit la pression exercée", a déclaré le milliardaire de 41 ans né à Leningrad, la ville natale de Vladimir Poutine, et qui réside désormais aux Emirats arabes unis.
(Rédigé par Guy Faulconbridge, version française Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)