La RDC lance des analyses après une enquête sur la présence d’uranium dans son cobalt
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/08/2026 à 13:41

Un employé travaille dans une usine d’électrolyse de la mine de Tenke Fungurume, l’une des plus grandes exploitations de cuivre et de cobalt au monde, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, le 17 juin 2023. La mine est exploitée par le groupe chinois CMOC. ( AFP / EMMET LIVINGSTONE )

Kinshasa conteste les conclusions d’une enquête du Financial Times et de chercheurs sur la présence d'uranium dans du cobalt exporté vers la Chine.

La République démocratique du Congo (RDC) dispose de richesses minières colossales, qui en font l'un des principaux réservoirs en métaux critiques indispensables à l'industrie mondiale.

Premier producteur de cobalt (68%) et premier producteur africain de cuivre (3,4 millions de tonnes en 2025) , ce vaste pays d'Afrique centrale se retrouve aujourd'hui au cœur des intérêts économiques chinois et américains, Washington cherchant à s'assurer un approvisionnement sûr en minerais stratégiques et réduire le contrôle de la Chine sur ces ressources.

Fin juillet, une enquête publiée dans la revue Nature Communications , en partenariat avec le Financial Times et Lighthouse Reports , a fait état de la présence de quantités significatives d'uranium dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt extrait et exporté de RDC vers la Chine par des entreprises chinoises - ce que ces entreprises ont nié.

La présence d'uranium dans les gisements de cuivre et de cobalt du sud-est de la RDC "est un fait naturel" et "documenté", qui ne constitue "ni une anomalie", ni une "violation" des engagements internationaux de la RDC , ont estimé les autorités congolaises dans un communiqué publié vendredi 7 août.

Les autorités congolaises annoncent des contre-expertises

Selon Kinshasa, "l'étude en cause ne repose pas sur des mesures directes effectuées sur des cargaisons exportées" .

Une "campagne de vérification analytique contradictoire sera notamment menée, dont les analyses seront confiées à un laboratoire national ainsi qu’à un laboratoire international accrédité", poursuit le communiqué.

Le gouvernement annonce également "des consultations avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et "réaffirme son engagement à poursuivre la fiabilisation des chaînes d'approvisionnement".

Le secteur minier en RDC est réputé pour son opacité et la corruption qui le gangrène. L'immense majorité du cobalt congolais est exporté vers la Chine.

L'uranium ayant servi à la fabrication de la bombe atomique larguée sur Hiroshima (Japon) en 1945 a été extrait dans la mine de Shinkolobwe, située dans la province du Haut-Katanga (sud-est) et fermée depuis les années 1960.