La primaire socialiste commence enfin mercredi, avec un premier débat, mais sans Philippe Brun information fournie par AFP 23/09/2026 à 12:02
La primaire de l'espace social-démocrate débute réellement mercredi soir avec le premier débat télévisé réunissant les cinq candidats, mais sans Philippe Brun, la justice ayant rejeté dans la matinée sa demande de réintégration.
A 20h40 sur LCI, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel participeront à une émission au format +Face aux Français+, espérant se départager sur le fond, afin que l'un d'eux soit désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle.
Ce sera sans Philippe Brun. Le député de l'Eure, qui avait indiqué avoir tous ses parrainages pour être candidat, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire du Parti socialiste et donc de la primaire, après des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice. Pour la direction du PS, ces accusations sont "susceptibles de relever d'une caractérisation pénale".
Affirmant n'avoir "jamais été violent avec personne" et criant à l'instrumentalisation politique, l'élu avait demandé en référé sa réintégration dans ce processus de désignation.
Mais la justice a estimé que "la seule existence d'un différend au sein d'un parti politique, y compris dans le contexte d'une élection nationale, ne suffit pas à conférer (au tribunal NDLR) le pouvoir de prendre en urgence des mesures conservatoires de nature à remettre en cause les décisions régulièrement prises par ce parti".
M. Brun a annoncé dans la foulée qu'il saisissait "le juge des référés de la Cour d'appel de Paris". Dénonçant "un coup monté" par la direction du PS, il a réclamé la tenue en urgence d'un bureau national du parti, pour faire "la lumière" sur les accusations le visant et lui permettre d'être candidat.
Au-delà de l'affaire Brun, le début de la primaire a été marqué par les attaques de l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal contre le favori de la primaire Raphaël Glucksmann, crédité de 10 à 14% dans les sondages.
Ségolène Royal, qui a tenu mardi soir une réunion publique devant plus de 200 personnes à Alfortville (Val-de-Marne), avait comparé le fondateur de Place publique à un "stagiaire" à qui on ne saurait "confier une entreprise".
M. Glucksmann a rétorqué qu'il n'avait pas, lui, "quémandé des postes pendant 45 ans", notamment auprès d'Emmanuel Macron, une allusion en particulier à la nomination de Mme Royal comme ambassadrice pour les pôles arctique et antarctique (2017-2020). Il avait regretté que face à l'extrême droite, il constitue sa "première cible".
De nombreuses voix s'élèvent à gauche pour réclamer avant tout une confrontation de projets, espérant que le débat de mercredi soir ne tournera pas au pugilat.
Attirer les électeurs
Sur le plateau de LCI, "une dizaine de Français seront présents pour interroger les candidats sur les enjeux internationaux et les défis nationaux relatifs à la transition écologique, la dette publique ou le pouvoir d'achat", a expliqué le PS.
Il s'agit du premier des trois débats prévus pour cette primaire, qui doit permettre d'attirer le grand public pour que le corps électoral soit le plus large possible. Les participants espèrent au moins 100.000 votants, bien loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs).
"On a une chamaillerie de cour de récréation qui n'est pas à la hauteur de l'enjeu", a ainsi dénoncé le député de l'Essonne Jérôme Guedj en plaidant pour un "débat de dispute apaisée".
La performance de Raphaël Glucksmann sera notamment scrutée, lui qui était apparu à la peine dans un débat similaire en novembre sur LCI.
"Glucksmann est attendu, il est préparé. Il a haussé son niveau de préparation", rassure un proche du chef des députés socialistes, Boris Vallaud, qui soutient l'eurodéputé dans cette primaire.
Le patron du Parti socialiste Olivier Faure doit lui aussi tenter de s'imposer, alors qu'il n'est pour l'instant qu'autour de 5% dans les sondages.
"Dans les faits et sur le papier il est challenger. Mais il est psychologiquement meilleur quand il est poussé dans ses retranchements", souligne un de ses proches, précisant que le premier secrétaire avait fait "un gros travail de préparation" pour les débats.
Deux autres sont prévus, le 1er octobre sur France 2 et le 4 sur BFMTV.