La politique internationale du gouvernement passée au grill au Parlement
information fournie par AFP 19/01/2026 à 21:09

Le gouvernement organise lundi un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales ( AFP / Martin LELIEVRE )

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et son homologue des Armées Catherine Vautrin ont défendu lundi la politique étrangère du gouvernement face aux critiques acerbes des députés.

Lors d'un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales, les accusations ont été multiples: "passivité" vis-à-vis des Etats-Unis qui ont capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et qui menacent de s'emparer du Groenland, faiblesse vis-à-vis de la République islamique d'Iran qui réprime son peuple, ou à l'égard de l'Algérie qui détient un journaliste français, ou encore dénonciation d'un "double standard" entre l'Ukraine et Gaza.

"Notre pays a eu raison de dénoncer l'agression russe contre l'Ukraine (...) Mais pourquoi cette incapacité à appliquer ce même standard lorsque l'auteur de la violation n'est plus Moscou mais Washington à Caracas ou Israël à Gaza? C'est ce double standard qui ruine notre crédibilité", a ainsi lancé Stéphane Peu (PCF).

"La France (...) a refusé tout deux poids deux mesures dans ses positions internationales", a rétorqué Jean-Noël Barrot.

Et de tacler certains députés de LFI pour leurs "indignations sélectives", "à géométrie variable", pointant du doigt leur supposé silence sur le peuple vénézuélien qui a subi le joug de Nicolas Maduro et du peuple iranien victime d'une répression sanglante de la part des Mollahs.

S'agissant de la faiblesse présumée de la France vis-à-vis de Washington, le ministre a souligné qu'il n'y avait pas d'incompatibilité entre "condamner Nicolas Maduro pour ses crimes et dénoncer les violations internationales". Et rappelé l'importance de doter la France d'un budget pour qu'elle puisse "peser".

Il n'a en revanche pas répondu à la possibilité de classer comme groupe terroriste le Corps des gardiens de la révolution, bras idéologique du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

De son côté, la ministre des Armées a reconnu qu'il y avait urgence à assurer la souveraineté européenne en matière d'espace et de télécommunications, ce qui permettrait de venir en aide aux Iraniens victimes de coupure d'internet.

Le débat au Parlement, sans vote et non contraignant pour le gouvernement, doit se poursuivre dans la soirée au Sénat.

Il avait été annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à la suite de plusieurs demandes en ce sens de la part des groupes de gauche, après l'opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier dernier.

Le chef du gouvernement français avait souhaité que ce débat soit "un moment" de se poser des questions sur l'autonomie stratégique de la France et comprendre pourquoi la réaction européenne "n'a pas été aussi rapide et aussi forte, peut-être, qu'attendu".

Cette combinaison de photos réalisée le 18 janvier 2026 montre, de gauche à droite, le président français Emmanuel Macron à Paris, le 27 janvier 2025, et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 10 décembre 2025 ( POOL / Thibault Camus )

Depuis, l'actualité a largement dépassé le cadre de l'opération américaine au Venezuela notamment en raison des velléités du président américain vis-à-vis du Groenland.

Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays européens dont la France de surtaxes douanières, ces états ayant répliqué en promettant de rester "unis" et en examinant les différentes ripostes possibles. En France, la classe politique a été unanime pour condamner les annonces américaines.

Christophe Weissberg, du groupe Ensemble pour la République, a souligné que "l'époque où Washington se posait en garant de nos processus démocratiques est bel et bien terminée". Mais il a appelé à faire "de ce moment de rupture une opportunité historique pour l'Europe".