La Malaisie menace de sévir contre les Rohingya rassemblés devant le HCR information fournie par Reuters 27/07/2026 à 15:30
Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a réclamé lundi des mesures contre un groupe de Rohingya rassemblés devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Kuala Lumpur, en annonçant l'arrestation des personnes ne disposant pas de papiers en règle.
Plusieurs centaines de Rohingya ont été expulsés dimanche de l'Etat de Penang, dans le nord de la Malaisie, et se sont rendus en autocars à Kuala Lumpur, la capitale malaisienne, pour demander au HCR son aide pour un relogement, rapporte lundi le quotidien New Straits Times.
Ces expulsions interviennent sur fond de progression des discours de haine et de désinformation contre les Rohingya sur les réseaux sociaux en Malaisie depuis mai, ce qui a notamment conduit à un harcèlement accru des membres de cette communauté musulmane et à la fermeture de nombreuses écoles fréquentées par des enfants Rohingya.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Anwar Ibrahim a déclaré que la Malaisie devait se montrer stricte dans l'application de la loi et que les rassemblements à Kuala Lumpur suscitaient l'inquiétude de la population.
"Personne n'a le droit de prendre le contrôle de la moindre partie de la ville", a-t-il dit. "J'ai ordonné aux agences de l'immigration, à la police et aux autorités locales de prendre des mesures strictes.
"Ceux qui ne disposent pas de papiers seront transférés au (département de l'Immigration). Les autres devraient être prévenus que des mesures peuvent être prises à leur encontre."
Les représentants du HCR à Kuala Lumpur n'ont pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaire. L'agence onusienne a dit vendredi à Reuters qu'elle s'inquiétait de la progression des discours de haine, de la désinformation et des récits de déshumanisation contre les réfugiés, dont les Rohingya, en Malaisie, susceptibles de se traduire par du harcèlement et de la discrimination dans les faits.
La Malaisie, pays majoritairement musulman, sert depuis longtemps de refuge aux Rohingya persécutés en Birmanie, essentiellement bouddhiste.
La situation a cependant évolué depuis la pandémie de COVID-19, lorsque les Rohingya y ont été accusés de propager le coronavirus responsable de la maladie, de ne pas respecter la culture locale et de prendre des emplois aux Malaisiens.
Selon les données du HCR, la Malaisie accueillait fin février environ 215.600 réfugiés et demandeurs d'asile, dont plus de la moitié de Rohingya originaires de Birmanie.
(Rozanna Latiff, version française Bertrand Boucey, édité par Benoit van Overstraeten)