La GB doit poursuivre ses efforts de réduction du déficit, selon le FMI information fournie par Reuters 13/10/2026 à 12:44
par David Milliken
La Grande-Bretagne doit veiller à respecter ses plans de réduction du déficit alors que l'endettement public s'envole ailleurs, a averti mardi le Fonds monétaire international (FMI), alors que le ministre des Finances, John Healey, doit présenter son premier budget annuel à la fin du mois.
Le FMI a particulièrement salué la Grande-Bretagne, la qualifiant de seule grande économie avancée à avoir établi des plans clairs visant à réduire l’endettement public au cours des prochaines années.
La nouvelle économiste en chef du FMI, Silvana Tenreyro, a toutefois souligné qu’il était important de ne pas dévier de cette trajectoire face à la hausse des coûts d’intérêt de la dette et aux pressions en faveur d’une augmentation des dépenses en matière de défense et de subventions énergétiques.
"Le Royaume-Uni s’est déjà engagé sur la voie de l’assainissement (budgétaire)", a déclaré Silvana Tenreyro, qui a siégé au comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) de 2017 à 2023.
"Il suit cette trajectoire, et le message adressé au Royaume-Uni est simplement de maintenir le cap et de poursuivre sur cette voie", a-t-elle ajouté, lors d’une conférence de presse à Bangkok, où le FMI tient son assemblée annuelle.
Le gouvernement, qui a enregistré un déficit budgétaire de 4,4% du PIB l’année dernière, vise à équilibrer les dépenses courantes et les recettes fiscales d’ici l’exercice 2029/2030. Les gouvernements précédents ont toutefois régulièrement échoué à atteindre des objectifs similaires.
VIGILANCE FACE AUX PRIX DE L'ÉNERGIE ET AU COÛT DE LA DETTE
La hausse des coûts de l’énergie et celle des taux d’intérêt à long terme pèseront sur la croissance économique britannique l’année prochaine, a déclaré le FMI, même après avoir relevé ses prévisions de croissance pour cette année.
Malgré les plans de réduction du déficit, les coûts d’emprunt du gouvernement britannique sont les plus élevés parmi les économies avancées du G7 et ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis 1998, dans le cadre d’une vague mondiale de ventes massives de titres de dette.
Le FMI prévoit que l'économie britannique progressera de 1,3% cette année, contre 1,0% en juillet et 0,8% en avril, avant de ralentir légèrement pour s'établir à 1,2% en 2027, ce qui placera le Royaume-Uni dans le milieu du classement parmi les principales économies avancées.
"La hausse des prix de l’énergie et des taux d’intérêt à long terme pèsera sur la consommation et l’investissement", a déclaré le FMI dans la section consacrée au Royaume-Uni de son actualisation des Perspectives économiques mondiales.
John Healey a déclaré que ces prévisions montraient que l’économie britannique faisait preuve d’une forte résilience, malgré les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
La BoE prévoit que la flambée mondiale des prix de l’énergie fera grimper l’inflation à un pic supérieur à 4% au début de l’année prochaine.
LES ARGUMENTS EN FAVEUR D’UNE HAUSSE DES TAUX SE RENFORCENT, SELON MEGAN GREENE
Megan Greene, membre du comité de politique monétaire de la BoE, votant depuis juin en faveur d’une hausse des taux d’intérêt, a déclaré que les prévisions du FMI renforçaient son opinion selon laquelle le taux directeur de 3,75% ne contribuait pas suffisamment à contrer l’inflation.
"Je ne suis pas surprise que nos prévisions de PIB aient été revues à la hausse par le FMI. À mon sens, cela reflète le degré de resserrement de la politique monétaire, et je ne pense tout simplement pas que nous soyons suffisamment restrictifs", a déclaré Megan Greene au groupe de réflexion Atlantic Council en marge de la réunion du FMI.
Le FMI prévoit que l’inflation britannique s’établira en moyenne à 3,3% en 2026 et à 2,8% en 2027, des chiffres proches de ses prévisions pour la zone euro et les États-Unis.
Les banques centrales du monde entier doivent agir plus rapidement pour relever leurs taux d’intérêt lorsque la confiance publique dans leurs objectifs d’inflation s’est affaiblie, et résister à toute pression visant à tolérer une inflation supérieure à l’objectif ou un endettement excessif, a déclaré le FMI.
Contrairement à la Banque centrale européenne (BCE) ou à la Réserve fédérale américaine (Fed), la BoE n’a pas relevé ses taux depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran en février, bien que l’inflation se maintienne au-dessus de son objectif de 2% depuis près de cinq ans.
Selon les données LSEG, les marchés anticipent mardi à 91% la probabilité d'une hausse des taux à l'issue de la prochaine réunion de la BoE, prévue début novembre.
(Rédigé par David Milliken ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)