La France va apporter véhicules blindés et soutien opérationnel au Liban, dit Macron information fournie par Reuters 05/03/2026 à 19:50
(Actualisé tout du long avec éléments supplémentaires)
La France va renforcer sa coopération avec les forces armées libanaises et apporter une aide humanitaire à Beyrouth, a déclaré jeudi Emmanuel Macron, exprimant sa volonté d'établir "un plan" pour stopper les affrontements entre le Hezbollah et Israël, à la source d'un "grand danger" pour le Liban.
Le président français a effectué cette annonce au sixième jour de la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques à travers la région, tandis qu'un front supplémentaire s'est ouvert au Liban entre Israël et le Hezbollah, mouvement armé aligné sur Téhéran.
"La France va renforcer sa coopération avec les Forces armées libanaises et mettre à leur disposition des véhicules de transport blindés ainsi qu'un soutien opérationnel et logistique", a dit Emmanuel Macron jeudi soir dans un communiqué publié sur le réseau social X.
"Je me suis entretenu ce jour avec les autorités libanaises au plus haut niveau afin d'établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires que le Hezbollah et Israël mènent actuellement de part et d'autre de la frontière", a-t-il ajouté.
"Les autorités libanaises ont pris auprès de moi l'engagement de prendre le contrôle des positions tenues par le Hezbollah et d'assumer pleinement la sécurité sur l'ensemble du territoire national."
Etats-Unis et France avaient chapeauté en novembre 2024 un cessez-le-feu destiné à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah en parallèle à la guerre à Gaza - des affrontements sans précédent depuis leur conflit de 2006.
A la suite de cet accord, dont des violations ont depuis lors régulièrement été dénoncées par les deux camps, Beyrouth a mis sur pied, sous la pression de Washington, un plan destiné à désarmer complètement le Hezbollah. Le chef du mouvement chiite armé, Naïm Qassem, a promis mercredi lors d'une allocution télévisée de ne pas abdiquer face à l'"agression" d'Israël, dénonçant un plan israélien d'"occupation et d'expansion".
BEYROUTH DEMANDE À PARIS D'OEUVRER À UN CESSEZ-LE-FEU
Le président libanais Joseph Aoun a demandé jeudi à Emmanuel Macron d'intervenir auprès d'Israël, a rapporté l'agence de presse officielle libanaise ANI. Le président chiite du Parlement libanais, Nabih Berri, a téléphoné dans la journée au président français pour examiner "plusieurs propositions susceptibles de mettre fin à cette situation".
Emmanuel Macron a "montré tout son intérêt pour ces propositions et toute sa disposition à effectuer les contacts nécessaires et à envoyer rapidement de l'aide au Liban", a ajouté l'ANI.
Le président français avait fait savoir mercredi soir qu'il s'était entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, auquel il a dit avoir demandé de "préserver l'intégralité territoriale du Liban et s'abstenir d'une offensive terrestre". Il a dénoncé également les attaques du Hezbollah comme une "faute majeure" mettant en péril la région.
L'entourage d'Emmanuel Macron a indiqué en parallèle que le chef de l'Etat a "alerté" Donald Trump à propos du Liban lors d'un appel téléphonique passé par le président américain pour l'informer de l'état des opérations militaires en Iran.
"Le Hezbollah doit immédiatement cesser les tirs vers Israël. Israël doit renoncer à toute intervention terrestre ou d’envergure sur le territoire libanais", a répété jeudi Emmanuel Macron dans son communiqué.
Dans la journée, le général Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne, a déclaré au cours d'un point de presse qu'Israël continuait de "frapper systématiquement le Hezbollah et de traquer les militants de l'organisation dans tout le pays", faisant état de "320 cibles terroristes du Hezbollah, dont environ 80 au cours des dernières 24 heures".
"Notre guerre n'est pas contre les habitants du Liban", a-t-il avancé, estimant que 300.000 personnes avaient évacué le Sud-Liban "jusqu'à présent".
Dans un message sur le réseau social X, la présidence libanaise a indiqué que Joseph Aoun a demandé à Emmanuel Macron d'"intervenir afin que la banlieue sud (de Beyrouth) ne soit pas ciblée, après les menaces de l'armée israélienne".
Il lui a également demandé d'"oeuvrer à un cessez-le-feu dans les plus brefs délais", est-il ajouté.
(Rédigé par Jean Terzian et Sophie Louet, édité par Bertrand Boucey)