La France soutient la suspension de l'accord commercial UE-USA, dit Barrot information fournie par Reuters 20/01/2026 à 16:22
(Actualisé avec nouvelles déclarations)
La France soutient la proposition de suspendre l'accord commercial signé en juillet 2025 entre l'Union européenne et les Etats-Unis, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, alors que les tensions vont croissant entre les Européens et Donald Trump sur la question du Groenland.
Le président américain a menacé de surtaxes douanières plusieurs pays européens en raison de leur opposition affichée à sa volonté d'annexer ce territoire autonome du Royaume du Danemark, pays membre de l'UE et de l'Otan.
Il a en outre menacé d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français afin de convaincre son homologue français Emmanuel Macron de rejoindre le "Conseil de la paix" qu'il compte mettre en place pour résoudre les conflits internationaux, en commençant par Gaza.
"Dans ce contexte, la France soutient la suspension de l'accord commercial avec les Etats-Unis voulue par le Parlement européen. Et si la coercition devait se matérialiser, alors l'Europe en tirerait toutes les conséquences. La Commission s'y prépare, elle l'a dit et elle dispose pour cela d'instruments très puissants", a déclaré Jean-Noël Barrot lors de la séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.
"La France ne cédera devant aucun chantage, aucune coercition d'où qu'elle provienne et quelle qu'elle soit", a-t-il poursuivi.
"Bien sûr, elle se souvient avec gratitude du sang versé par les soldats américains sur les plages de Normandie pour qu'elle puisse être libérée, elle entend cultiver sa relation historique avec les Etats-Unis 250 ans après leur indépendance à laquelle elle a apporté une contribution décisive", a-t-il ajouté.
"Elle souhaite aussi oeuvrer avec les Etats-Unis au service de la paix et de la sécurité du monde, comme elle le fait aujourd'hui au Liban ou encore en Syrie."
"Mais lorsque les Etats-Unis formulent une proposition qui est inacceptable, elle assume pleinement de leur dire non", a souligné Jean-Noël Barrot.
"Non à la remise en question de l'intégrité d'un territoire européen placé sous la protection de l'Otan (...). Oui à la mise en oeuvre du plan de paix présenté par le président des Etats-Unis que nous soutenons sans réserve mais non à la création d'une organisation telle qu'elle a été présentée qui viendrait se substituer aux Nations unies", a-t-il égréné.
"Non à la menace de droits de douane brandie comme un chantage pour obtenir des concessions injustifiables".
(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Sophie Louet)