La France propose une refonte de la diplomatie européenne avec un rôle renforcé pour Kallas-document information fournie par Reuters 11/06/2026 à 16:20
par Andrew Gray et John Irish
Des responsables français ont proposé une refonte du service diplomatique de l'Union européenne (UE) pour renforcer le rôle de la cheffe de la diplomatie de Bruxelles, Kaja Kallas, et d'améliorer la capacité de réaction du bloc face aux crises, a montré un document interne rendu public jeudi.
Ce document reflète l'opinion de nombreux responsables et diplomates de l'UE, selon laquelle Bruxelles s'est montrée trop lente et désorganisée face aux situations d'urgence, en raison des divisions entre ses institutions, ses dirigeants et les 27 gouvernements des États membres.
Selon les diplomates, le chevauchement des rôles entre la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE, et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), un organe diplomatique créé en 2011 et dirigé par Kaja Kallas, est l'une des sources de dysfonctionnement.
Le document interne rendu public jeudi présente trois options de réorganisation : placer l’ensemble de la politique étrangère de l’UE sous l’égide de la Commission, transférer les fonctions du service diplomatique au Conseil de l’UE, et renforcer le rôle de Kaja Kallas dans le cadre d’une refonte institutionnelle plus large.
Cette dernière proposition confierait à Kaja Kallas davantage de pouvoir au sein de la Commission européenne, devenant sa "première vice-présidente exécutive" et la responsable des commissaires et des départements chargés des relations extérieures, du commerce et du développement économique.
Le document, consulté par Reuters, indique que le rôle de Kaja Kallas serait renforcé au sein de la Commission, où elle occupe actuellement l’un des six postes de vice-présidente exécutive et doit partager la supervision de multiples domaines politiques.
KALLAS SE DIT OUVERTE AU DÉBAT
La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères disposerait également de liens plus étroits avec les dirigeants des gouvernements nationaux du bloc, tandis que le service diplomatique se verrait confier un rôle plus restreint, axé sur la stratégie.
L'existence du document français – et certaines des idées qu'il contient – a été révélée pour la première fois par le Financial Times.
Dans un courriel adressé jeudi à son personnel, Kaja Kallas a déclaré que les relations entre le Service européen pour l'action extérieure, la Commission et les États membres faisaient "l’objet de discussions depuis la création du Service", mais qu’elle se réjouissait de ce nouveau débat.
Elle a déclaré que le système pourrait mieux fonctionner et qu’il y aurait moins de chevauchements à Bruxelles.
Elle ajoute toutefois que les rôles et les responsabilités des institutions de l’UE sont "clairement définis" dans les traités fondateurs de l'Union.
"Ce cadre reste inchangé", écrit-elle dans le courriel, consulté par Reuters. "Ce qui importe le plus, c’est que nous continuions à renforcer la capacité collective de l’Union à agir."
Un diplomate européen a déclaré que l’obligation pour tous les États membres de l’UE de s’accorder à l’unanimité sur la politique étrangère constituait un obstacle à l’action plus important que n’importe quelle question institutionnelle.
(Andrew Gray, John Irish, Lili Bayer et Shivani Tanna ; rédigé par Andrew Gray ; version française Etienne Breban, édité par)