La France favorable à la désignation des Gardiens iraniens comme organisation terroriste
information fournie par Reuters 28/01/2026 à 20:24

(Actualisé tout du long; modifie slug)

par John Irish et Michel Rose

La France a fait savoir mercredi qu'elle était favorable à l'inscription du corps iranien des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste européenne des organisations terroristes, un revirement dans sa position initiale, Paris ayant été longtemps réticent à l'égard de cette mesure par crainte qu'elle provoque une rupture des liens avec Téhéran.

Cette annonce intervient à la veille d'une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, lesquels devraient approuver de nouvelles sanctions contre l'Iran en réponse à la

répression sanglante

menée par Téhéran face à un vaste mouvement de contestation.

Plus de 3.000 manifestants iraniens ont été tués, selon un bilan officiel des autorités locales, mais des estimations beaucoup plus lourdes ont été rapportées par des ONG et d'autres sources. Plusieurs milliers de personnes ont également été arrêtées.

En dépit de ce contexte, la France semblait toujours, mercredi matin, hésitante à soutenir la mesure prônée par une majorité de pays de l'UE, désireux d'imiter les Etats-Unis en désignant les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste.

"L'insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse. Son courage inouï face à la violence qui s'est abattue aveuglément sur lui ne peut rester vain", a déclaré mercredi après-midi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

"La France soutiendra l'inscription du Corps des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes", a-t-il ajouté sur le réseau social X. "Il ne peut y avoir d'impunité."

Une annonce en ce sens avait été effectuée quelques minutes auparavant par l'Elysée.

S'exprimant plus tôt dans la journée à l'issue du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a souligné que la répression en Iran était "d'une violence sans équivalent dans l'histoire contemporaine" du pays.

Fondé à la suite de la révolution islamique de 1979 en Iran, le puissant CGRI dispose d'une grande influence dans le pays, où il contrôle des pans de l'économie et des capacités militaires. Les Gardiens de la révolution supervisent notamment les programmes balistique et nucléaire de Téhéran.

Plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont déjà classé les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste.

Il est vraisemblable qu'une telle mesure soit approuvée politiquement par l'UE jeudi, l'Allemagne et l'Italie la soutenant également. Certains pays membres du bloc communautaire ont par le passé poussé en faveur de cette décision.

La France et d'autres pays européens étaient auparavant plus réticents, craignant une rupture totale des relations avec l'Iran à même d'affecter les missions diplomatiques mais aussi de nuire aux négociations menées pour la libération de ressortissants européens détenus dans des prisons iraniennes.

Paris est particulièrement préoccupé par le sort de deux citoyens français, Cécile Kohler et Jacques Paris,

libérés de prison

en novembre dernier mais toujours retenus à l'ambassade de France à Téhéran.

(John Irish, Michel Rose; rédigé par Jean Terzian, édité par Kate Entringer et Zhifan Liu)