La France "condamne" les sanctions prises par les Etrats-Unis contre la CPI information fournie par Reuters 20/08/2026 à 07:10
La France a condamné mercredi les sanctions annoncées la veille par les Etats-Unis à l'encontre de la présidente et d'un haut procureur de la Cour pénale internationale (CPI), citant une "atteinte" envers la juridiction et l'ensemble de ses parties prenantes.
Dans un communiqué, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères ajoute que la France "exprime sa solidarité à l'égard des magistrats visés" - la présidente japonaise de la CPI, Tomoko Akane, et le haut procureur sénégalais Abdoulaye Seye.
Plus tôt dans la journée, le Japon a qualifié de "très regrettable" la décision de Washington, une critique rare de la part de Tokyo à l'égard de son allié.
"Le Japon a toujours soutenu la CPI, qui est une cour pénale internationale permanente, dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale", a déclaré le ministère japonais des Affaires étrangères dans un communiqué.
Depuis l'an dernier, l'administration du président américain Donald Trump a pris un éventail de sanctions contre des responsables de la CPI, dont des procureurs et des juges, dénonçant les mandats d'arrêt émis à l'encontre de responsables israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza.
Cette escalade dans la campagne américaine contre la CPI place Washington en conflit direct avec Tokyo. Le Japon, qui s'appuie fortement sur la puissance militaire américaine pour sa défense, critique rarement les Etats-Unis.
Mais cette campagne de sanctions a également mis les États-Unis en désaccord avec leurs alliés européens.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, a déclaré mercredi sur le réseau social X que les Pays-Bas, pays hôte de la CPI, s’opposaient aux dernières sanctions américaines.
Tomoko Akane avertissait en décembre que les sanctions américaines pourraient "compromettre rapidement le fonctionnement de la Cour dans toutes les situations et toutes les affaires, et mettre en péril son existence même".
Washington reproche également à la CPI, dont les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité, d'avoir enquêté sur des exactions présumées de l'armée américaine en Afghanistan.
Ces mesures gèlent tous les avoirs détenus aux États-Unis par les personnes visées et les excluent dans une large mesure du système financier américain, auquel la plupart des banques internationales sont étroitement liées.
(avec Tim Kelly et Satoshi Sugiyama à Tokyo, rédigé par Etienne Breban et Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse et Benoit Van Overstraeten)