La Française soupçonnée d'avoir abandonné ses enfants au Portugal présentée à un juge information fournie par AFP 22/05/2026 à 18:27
Une Française soupçonnée d'avoir abandonné au bord d'une route ses deux enfants de quatre et cinq ans, placés dans une famille d'accueil avant leur rapatriement, a été conduite vendredi avec son compagnon, arrêté la veille avec elle, devant un juge portugais qui va les auditionner.
La femme de 41 ans et l'homme de 55 ans sont arrivés en fin de journée au tribunal de Setubal, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Lisbonne, non loin du lieu où les petits garçons ont été retrouvés mardi soir, en pleurs, assis au bord d'une route.
Amenés à bord d'un fourgon de la gendarmerie, ils en sont sortis par la porte arrière, elle en chantant une mélodie et lui en criant à deux reprises "Je vous aime", ont constaté sur place des journalistes de l'AFP.
A l'issue de leur audition, le juge d'instruction pourra éventuellement décider de les placer en détention provisoire.
Récemment installée à Colmar, la mère travaillait dans le milieu hospitalier, selon le maire de cette ville du Haut-Rhin (est de la France) Eric Straumann, qui a assuré qu'il "n'y avait aucun signalement sur des problèmes sociaux ou de comportement avec les gamins".
Le quinquagénaire est quant à lui apparemment un ancien gendarme ayant quitté l'institution en 2010, qui a résidé dans les Pyrénées-Orientales, selon une source proche du dossier. Il est connu des autorités françaises pour plus de dix faits allant des violences sur conjoint à des menaces, en passant par la réitération de messages malveillants, a-t-on précisé de même source.
- Aucun lien apparent avec le Portugal -
Le couple, qui semble n'avoir aucun lien avec le Portugal, risque d'être accusé de faits de maltraitance, de mise en danger d'autrui et d'abandon.
Dans la matinée, la justice portugaise avait annoncé le placement des deux enfants au sein d'une famille d'accueil. Ils y ont été reçus en quittant l'hôpital où ils avaient été admis en observation et selon lequel ils allaient "bien au plan clinique".
"Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises (...) d'engager la procédure de retour des enfants" vers la France, a précisé dans un communiqué le tribunal de Setubal, expliquant que "les enfants résidaient avec leur mère (...), le père disposant d'un droit de visite limité et supervisé".
Les autorités françaises recherchaient la mère et les enfants depuis le 11 mai, quand le père avait signalé, de Colmar, leur disparition.
La quadragénaire a finalement été arrêtée avec son compagnon jeudi à Fatima, dans le centre du Portugal.
D'après les autorités portugaises, ceux-ci ont passé ensemble plusieurs heures à la terrasse d'un café aux abords de cette célèbre cité-sanctuaire, éveillant les soupçons d'une de ses habitantes qui a donné l'alerte.
Au moment de leur interpellation, "leur comportement a révélé une certaine forme de détachement par rapport à la situation (...). Ils ont eu une attitude très distante", a dit le porte-parole de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Carlos Canatario, à la télévision portugaise SIC.
La gendarmerie a précisé par ailleurs qu'ils faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, qui sera ultérieurement soumis à l'appréciation de la justice portugaise.
- "Crimes très graves" -
"Ce qui importe c'est que les enfants vont bien, que les auteurs présumés de ces crimes très graves, des crimes commis contre des enfants absolument vulnérables, sont identifiés et sous le coup de la justice", a commenté le ministre portugais de l'Intérieur Luis Neves.
Les deux frères ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253 reliant la ville d'Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.
L'automobiliste qui les a repérés au bord de la route les a ensuite emmenés auprès de sa famille.
Selon le récit livré à l'AFP par la mère de ce boulanger, les enfants ont pu raconter à une autre personne parlant français, contactée pour faciliter la communication, que leur mère avait "disparu" après leur avoir bandé les yeux en leur faisant croire qu'il s'agissait d'un jeu.
"Sur eux, ils avaient une orange, une poire, chacun (avait) une bouteille d'eau... On n'a pas vu de traces de mauvais traitements. Peut-être que la mère a laissé tout cela pour que ses enfants puissent se débrouiller au moins pendant une journée", a témoigné cette femme de 76 ans.