La flambée des rendements pourrait atténuer l'impact des prix de l'énergie, selon Rehn (BCE) information fournie par Reuters 02/10/2026 à 12:01
La flambée des prix de l'énergie rapproche la zone euro du scénario "défavorable" en matière d'inflation esquissé par la Banque centrale européenne (BCE), mais la forte augmentation des coûts de financement à long terme limite son impact sur l'ensemble de l'économie, a déclaré vendredi Olli Rehn, membre du Conseil des gouverneurs de l'institution monétaire.
L'inflation dans la zone euro dépasse les 3% et pourrait encore augmenter pour avoisiner les 4% d'ici la fin de l'année, soit le double de l'objectif de la BCE, ce qui accentue la pression sur la banque centrale pour qu'elle relève à nouveau ses taux d'intérêt après les hausses de juin et de septembre.
"La hausse des prix de l'énergie nous rapproche du scénario défavorable de la BCE en matière d'inflation", a déclaré celui qui est également gouverneur de la Banque de Finlande, lors d'une conférence du Comité européen du risque systémique (CERS).
"D'un autre côté, la hausse des taux d'intérêt à long terme ralentira la croissance et réduira la répercussion du choc énergétique sur les autres prix et les salaires... Cela souligne le fait que les projections de croissance et d'inflation restent soumises à une incertitude très élevée et généralisée", a-t-il ajouté.
Les coûts d'emprunt des Etats ont grimpé en flèche ces dernières semaines, en grande partie en raison des craintes sur la politique budgétaire de Washington.
De plus, les grandes entreprises technologiques ont émis des emprunts d'un montant record pour financer leurs investissements dans l'intelligence artificielle (IA), ce qui les met en concurrence avec d'autres emprunteurs, y compris les États.
Olli Rehn a également averti que les emprunts des entreprises technologiques constituaient un risque pour la stabilité, car leurs valorisations étaient si élevées qu'une correction semblait possible.
"Une forte correction des valorisations liées à l'IA pourrait se propager aux marchés boursiers et obligataires... L'Histoire nous enseigne que les révolutions technologiques peuvent transformer les économies, mais aussi que les marchés financiers peuvent surestimer leurs rendements immédiats", a-t-il dit.
Pour autant, l'économie de la zone euro se montre étonnamment résiliente et la croissance résiste mieux que prévu aux coûts élevés de l'énergie, a-t-il précisé.
(Reportage Balazs Koranyi ; version française Diana Mandia)