La dénatalité, "symptôme" d'une société fragilisée et inégalitaire, selon un essai féministe
information fournie par AFP 16/04/2026 à 09:25

La dénatalité, "symptôme" d'une société fragilisée et inégalitaire, selon un essai féministe ( AFP / Didier PALLAGES )

La dénatalité est le "symptôme" d'une société fragilisée, marquée par des "inégalités persistantes" entre les femmes et les hommes, estime dans un essai qui paraît jeudi la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert.

Le coût de la vie et des logements, la précarité, le recul des services publics, les inégalités entre les sexes et la peur de l'avenir "rendent la maternité de plus en plus intenable", écrit-elle dans "La Panique Démographique. Une réponse féministe" (éditions Les Petits Matins).

La natalité ne cesse de décliner en France. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 24% de moins qu'en 2010, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le nombre de naissances a même été inférieur à celui des décès, une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Dans son essai de 130 pages, Anne-Cécile Mailfert qualifie ce repli de la fécondité de "grève des ventres à bas bruit": "Si je parle de grève, c'est d'abord parce que la natalité est un travail", qui consiste notamment à "mettre au monde", "nourrir" et "soigner" un enfant. Or ce travail "reste massivement assigné aux femmes, invisibilisé, peu valorisé et insuffisamment soutenu".

"L'enjeu, aujourd'hui, est de faire entrer la reproduction de la vie (...) au cœur de la politique", peut-on lire.

Face au déclin de la natalité, le président Emmanuel Macron avait appelé il y a deux ans au "réarmement démographique" du pays, suscitant un tollé dans les rangs féministes, qui y voyaient une tentative de contrôler le corps des femmes. Pour soutenir les familles, le gouvernement a depuis créé un nouveau congé de naissance qui permet aux parents de rester plus longtemps auprès de leur bébé.

Mesures de soutien financier, pour concilier vie familiale et professionnelle ainsi que pour mieux intégrer les familles dans l'espace public: un rapport parlementaire publié en janvier listait une trentaine de propositions pour refondre la politique familiale afin d'aider les Français à réaliser leur désir d'enfant.

La présidente de la Fondation des femmes appelle, elle, à "replacer les mères au centre et changer le système pour qu'il s'adapte enfin aux rythmes de la vie humaine". L'économie doit notamment être "au service des besoins réels", plutôt que basée sur la recherche du "profit".

"Si on part du principe de remettre les mères au centre, peut-être qu'on arriverait à des sociétés différentes", a commenté Mme Mailfert, auprès de l'AFP.