La croissance américaine marque un peu le pas au deuxième trimestre
information fournie par Boursorama avec AFP 30/07/2026 à 15:57

( AFP / BRENDAN SMIALOWSKI )

La croissance du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis au deuxième trimestre a marqué le pas sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, à 1,5% en rythme annualisé, contre 2,1% au trimestre précédent, selon les données officielles publiées jeudi.

Les Etats-Unis mettent en avant le rythme annualisé qui projette sur l'ensemble de l'année l'évolution observée pendant trois mois. Par rapport au premier trimestre, l'activité dans la première économie mondiale a progressé de 0,4%.

Les analystes avaient anticipé une croissance de 1,8% en rythme annualisé, selon le consensus publié par MarketWatch.

Dans le détail, la croissance reste largement tirée par les dépenses de consommation de ménages, qui compensent un ralentissement des investissements ainsi que l'augmentation des importations.

Les importations viennent se soustraire au PIB, même si elles sont justement le signe d'une économie qui investit et consomme.

Il s'agit en l'occurrence en premier lieu d'achats de puces pour les centres de données d'intelligence artificielle (IA), a estimé dans une note le chef économiste d'Oxford Economics, Michael Pearce.

Ces investissements sont principalement visibles "dans la hausse des importations de semi-conducteurs, ce qui veut dire que la contribution positive (de l'IA) à l'économie reste modeste", a pointé M. Pearce.

Les dépenses gouvernementales sont également en recul, malgré la guerre entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient, venant également peser sur la croissance américaine.

Au niveau fédéral, ce sont d'ailleurs en particulier les dépenses qui ne sont pas liées à la défense qui sont les premières concernées.

La consommation des ménages reste elle solide malgré des prix toujours élevés, même si la hausse a ralenti au mois de juin, selon l'indice PCE également publié jeudi, à 3,7% sur un an.

La guerre reste une menace pour l'économie

La forte baisse des prix de l'énergie, en particulier de l'essence, sous l'effet de la pause dans la guerre au Moyen-Orient et son impact positif sur les prix du pétrole, expliquent en grande partie ce ralentissement.

L'indice sous-jacent, c'est-à-dire excluant les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, est de son côté en hausse de seulement 0,1%, ce qui est plus faible qu'attendu par les analystes, qui prévoyaient 0,2%.

La consommation s'est d'ailleurs principalement concentrée sur les biens non durables, particulièrement les produits de santé, et les achats ou réparations de véhicules. Du côté des services, cela a concerné en particulier les loisirs.

Elle a aussi été possible grâce à la saison des remboursements de l'administration fiscale américaine, qui intervient au deuxième trimestre, et qui a été plus importante cette année que les précédentes, selon les données du département du Trésor.

"Les consommateurs ont profité d'un marché de l'emploi en bonne santé, des remboursements des impôts trop-perçus et des réductions", a détaillé dans une note la cheffe économiste de Nationwide, Kathy Bostjancic.

"Nous avons des doutes sur le fait que la croissance maintienne ce rythme", ont cependant prévenu les économistes de Pantheon Macroeconomics dans une note.

"Près de la moitié de la hausse de la consommation est due à une hausse des achats de biens, certainement tirés par les remboursements de trop-perçus au printemps", ont-ils détaillé, "mais cela ne va pas durer et la croissance des revenus des ménages reste faible" alors que le taux d'épargne des ménages est tombé au plus bas depuis quatre ans.

Ces catégories sont également celles concernées par une hausse plus marquée des prix au mois de juin.

Mais le ralentissement des prix reste une bonne nouvelle pour la Fed, qui avait décidé la veille de ne pas faire bouger ses taux, toujours situer dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, à l'issue de discussions intenses durant la réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC).

Reste que la reprise du conflit au Moyen-Orient, où les Etats-Unis et l'Iran échangent de nouveaux des frappes, avec l'implication désormais d'autres partenaires de part et d'autres pourraient relancer la hausse des prix: le WTI est ainsi passé à près de 84 dollars jeudi, alors qu'il avait entamé le mois autour de 69 dollars.