La Corée du Nord tire des missiles balistiques, douche les espoirs d'apaisement avec le Sud information fournie par Reuters 08/04/2026 à 11:07
(Actualisé avec détails)
La Corée du Nord a de nouveau tiré mercredi plusieurs missiles balistiques, poursuivant ainsi des essais entamés la veille, a rapporté l'armée sud-coréenne, des décisions qui viennent doucher les espoirs de Séoul d'un apaisement dans les relations intercoréennes.
Selon l'état-major interarmées sud-coréen (JCS), Pyongyang a tiré un missile non identifié vers 14h20 (05h20 GMT) depuis la région de Wonsan en direction des eaux au large de sa côte est, après avoir lancé plusieurs missiles balistiques à courte portée depuis la même zone.
Les missiles ont parcouru environ 240km, a indiqué le JCS, ajoutant que les autorités sud-coréennes et américaines procédaient à une analyse détaillée. Le dernier missile tiré a parcouru 700 km ou plus, selon l'armée sud-coréenne.
L'armée sud-coréenne a également déclaré avoir détecté mardi le lancement d'un missile balistique présumé depuis les environs de Pyongyang.
Selon les médias, la Maison Bleue, siège de la présidence sud-coréenne, a convoqué mercredi une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité, qualifiant les tirs de provocation en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a exhorté Pyongyang à mettre fin à ces essais.
Les garde-côtes japonais ont indiqué que le dernier missile était tombé en mer environ 10 minutes après son lancement. Tokyo a précisé qu'aucun missile n'avait pénétré dans ses eaux territoriales ni dans sa zone économique exclusive (ZEE).
Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, qui cite des responsables militaires, le projectile lancé mardi était probablement un missile balistique qui a volé vers l'est avant de montrer des signes d'anomalie au début de son vol et de disparaître.
Ces incidents constituent les quatrième, cinquième et sixième tirs de missiles balistiques effectués par la Corée du Nord cette année, après deux tirs en janvier et un en mars.
PAYS LE PLUS HOSTILE
La Corée du Sud annonce généralement sans délai les tirs de missiles balistiques nord-coréens, ces essais enfreignant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies contre le programme de missiles de la Corée du Nord.
Pyongyang rejette l'interdiction de l'Onu et affirme qu'elle porte atteinte à son droit souverain à la légitime défense.
La Corée du Nord cherche à moderniser sa capacité de frappe avec des missiles à propergol solide, souvent plus faciles et plus sûrs à utiliser et nécessitant moins de soutien logistique que les armes à propergol liquide.
Ces tirs ont été effectués dans la foulée de commentaires d'un représentant de haut rang du ministère nord-coréen des Affaires étrangères selon lequel Pyongyang n'a pas modifié sa position à l'égard de Séoul. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré le mois dernier que la Corée du Sud était considérée comme le pays le plus hostile.
Séoul prend ses désirs pour des réalités s'il pense que Pyongyang est disposé à ne pas le considérer comme un ennemi, a souligné Jang Kum-chol, cité mardi soir par l'agence de presse officielle KCNA.
Après que Pyongyang a salué lundi la "sagesse" du président sud-coréen Lee Jae-myung pour avoir exprimé ses regrets à l'égard d'une incursion de drone en Corée du Nord plus tôt cette année, certains à Séoul ont pensé à une rare démarche de conciliation.
Mais Jang Kum-chol a rappelé mardi que les propos de Kim Jong-un valaient avertissement à l'égard de la Corée du Sud, écartant toute idée d'intentions amicales.
(Kyu-seok Shim et Jack Kim; version française Jean Terzian et Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)