La Chine publie des directives sur l'e-commerce après la visite d'eurodéputés information fournie par Reuters 06/04/2026 à 09:13
par Liz Lee et Claire Fu
La Chine a publié lundi des directives destinées à son secteur du commerce en ligne, visant à coordonner le développement national avec les marchés internationaux, une semaine après la visite d'une délégation d'eurodéputés venue discuter des défis et de la concurrence dans ce domaine.
Les députés de l'Union européenne (UE) avaient fait pression sur la Chine au sujet d'une vague de produits dangereux entrant dans le bloc et de l'accès limité au marché chinois, lors de ce qui constituait la première visite du Parlement européen dans la deuxième économie mondiale depuis huit ans.
Le mois dernier, l'UE est convenue de réformer son système douanier, notamment en prenant des mesures sévères à l'encontre des plateformes de commerce en ligne, principalement chinoises, qui pourraient se voir infliger des amendes si elles vendaient des produits illégaux ou dangereux sur le territoire de l'UE.
Les nouvelles orientations de la Chine pour ce secteur, publiées conjointement par divers ministères et régulateurs, appellent à trouver un équilibre entre promotion et réglementation, efficacité et équité, tout en intégrant l'économie numérique et l'économie réelle.
Ces orientations mentionnent également la création de zones pilotes pour les activités d'e-commerce transfrontalier qui seraient utilisées pour des initiatives spéciales, l'établissement de règles et de normes et l'expansion des plateformes vers les marchés étrangers.
"Nous encouragerons les entreprises d'e-commerce à établir des bases d’approvisionnement directes à l’étranger, à développer les importations de produits de haute qualité et distinctifs et à créer une 'voie rapide' de l'e-commerce pour permettre aux marchandises mondiales d’entrer sur le marché chinois", indique le communiqué.
Cette mesure politique constitue une avancée constructive vers l’apaisement des tensions entre la Chine et l’UE en matière de commerce en ligne, mais elle a peu de chances de résoudre le différend de manière définitive, a déclaré Chen Bo, de l’Université nationale de Singapour.
Ce chercheur à l’Institut d’Asie de l’Est a minimisé les chances d’un règlement institutionnel complet, mais a déclaré qu’un accord provisoire pouvant déboucher sur un accord plus large restait envisageable.
"(Cette politique) montre en réalité l’engagement de la Chine à promouvoir son e-commerce dans le monde, car les préoccupations de l’UE sont assez représentatives. D'autres économies de premier plan ou développées partagent d'ailleurs ces mêmes préoccupations", a ajouté Chen Bo.
Ces lignes directrices, qui ne traitent pas du commerce en ligne de la Chine avec une région spécifique, ont été publiées conjointement par le ministère chinois du Commerce, les ministères de l’Industrie, de l’Agriculture et du Tourisme, ainsi que par les autorités de régulation du cyberespace et des marchés.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la visite de la délégation de l'UE pourrait améliorer la compréhension de la Chine par le bloc des Vingt-Sept et favoriser des relations bilatérales stables.
Cette visite a marqué un renouveau prudent des relations après les tensions liées aux déséquilibres commerciaux, aux liens entre Pékin et la Russie à la suite de la guerre en Ukraine et aux tensions entourant les contrôles à l'exportation des terres rares.
(Rédigé par Liz Lee; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)