La Chine ne tolérera pas l’indépendance de Taïwan, déclare Xi à la cheffe de l'opposition taïwanaise
information fournie par Reuters 10/04/2026 à 14:07

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Le président chinois Xi Jinping a déclaré vendredi à la cheffe de l'opposition taïwanaise Cheng Li-wun que la Chine "ne tolérera it en aucun cas" l’indépendance de Taïwan, appelant à des efforts en faveur de la "réunification".

Cheng Li-wun, élue en octobre dernier à la tête du Kuomintang (KMT), est arrivée mardi en Chine en vue d'une mission de "paix" visant à réduire les tensions, alors que Pékin a intensifié sa pression militaire sur l’île qu’il considère comme faisant partie de son territoire.

Lors d'une réunion au Palais de l'Assemblée du peuple, Xi Jinping a dit à Cheng Li-wun que le monde d'aujourd'hui n'était pas entièrement en paix et que la paix était précieuse.

"Nos compatriotes des deux côtés du détroit sont tous des Chinois, membres de la même famille, qui aspire à la paix, au développement, aux échanges et à la coopération", a-t-il dit, selon des propos relayés par les chaînes de télévision taïwanaises.

"UNE SEULE CHINE"

Les deux rives du détroit appartiennent à "une seule Chine", a ajouté Xi Jinping, selon un communiqué distinct des médias d’État.

"Lorsque la famille est harmonieuse, tout prospère", a-t-il insisté. "L’indépendance de Taïwan est le principal facteur qui sape la paix dans le détroit de Taïwan — nous ne la tolérerons ni ne la cautionnerons en aucune circonstance."

Xi Jinping a également évoqué la question sensible de la réunification entre la Chine et Taïwan, objectif de longue date de Pékin mais rejeté par le gouvernement taïwanais.

Le KMT et le Parti communiste doivent "joindre leurs mains pour créer un avenir radieux de réunification de la patrie et de renaissance nationale", a-t-il dit.

Pékin refuse de discuter avec le gouvernement décrit comme "séparatiste" du président Lai Ching-te, mais reçoit régulièrement des membres de haut rang du KMT.

S’exprimant vendredi soir à Taipei devant des journalistes, le principal responsable taïwanais des affaires chinoises, Chiu Chui-cheng, a déclaré que seul le peuple taïwanais pouvait décider de son avenir et que la Chine devait dialoguer avec le gouvernement démocratiquement élu et légitime de Taipei.

"Les communistes chinois cherchent délibérément à donner l’impression erronée que Taïwan est une affaire intérieure de la Chine", a-t-il ajouté.

Le gouvernement de la République de Chine, dirigé par le KMT, s’est réfugié à Taïwan en 1949 après sa défaite face aux communistes de Mao Zedong, qui ont fondé la République populaire de Chine. À ce jour, aucun des deux gouvernements ne reconnaît officiellement l’autre.

Le KMT prône une approche plus diplomatique et économique dans ses relations avec Pékin que le Parti démocrate progressiste actuellement au pouvoir.

"ÉCHIQUIER"

Cheng Li-wun a déclaré à Xi Jinping que des relations mutuellement bénéfiques étaient souhaitées par les opinions publiques des deux côtés, et que les interactions et échanges devaient être réciproques.

"Moi, Li-wun, j’espère sincèrement qu’un jour, à l’avenir, j’aurai l’occasion d’être l’hôte et de vous accueillir, le secrétaire général Xi (Jinping ) ainsi que vous tous ici présents, à Taïwan", a-t-elle ajouté, en utilisant le titre de Xi Jinping en tant que secrétaire général du Parti communiste.

Cheng Li-wun a dit à Xi Jinping qu'elle espérait que, grâce aux efforts des deux parties, le détroit de Taïwan ne serait plus le lieu d'un conflit potentiel et ne deviendrait pas un "échiquier où des forces extérieures interviennent".

S’exprimant ensuite devant la presse à Pékin, Cheng Li-wun a déclaré que Xi Jinping lui avait dit que la Chine respectait le système social et le mode de vie différents de Taïwan.

"Mais il espère également que Taïwan sera en mesure d’affirmer et de reconnaître les acquis de développement du continent", a-t-elle ajouté.

(Rédaction de Pékin, rédigé par Ben Blanchard; version française Camille Raynaud et Elena Smirnova, édité par Sophie Louet)