La Chine mise sur la haute technologie, la rivalité avec les USA s'intensifie information fournie par Reuters 05/03/2026 à 04:09
(Actualisé tout du long, ajoute byline)
par Mei Mei Chu et Jing Xu
La Chine s'est engagée jeudi à investir dans les industries de haute technologie et l'innovation scientifique, considérant ces secteurs comme essentiels pour renforcer la sécurité et l'autonomie du pays dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de rivalité intense avec les Etats-Unis.
A l'ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, le Premier ministre Li Qiang a vanté la capacité de la Chine à résister à la hausse des droits de douanes décidée par le président américain Donald Trump.
Li Qiang a annoncé des hausses de 7% dans le budget de la défense ainsi que dans les domaines de la recherche et du développement.
Pékin a fixé son objectif de croissance pour 2026 entre 4,5% et 5%, un rythme légèrement plus lent que celui de 5% atteint l'an dernier.
Le nouveau plan quinquennalde la Chine prévoit, comme attendu, des investissements dans l'innovation et la modernisation industrielle, ainsi qu'une augmentation "notable" - mais non précisée - de la consommation des ménages en tant que part de la production économique.
Ces engagements montrent que Pékin s'inquiète du fait que la faiblesse de la demande intérieure rende la deuxième économie mondiale trop dépendante aux exportations pour sa croissance.
Ils soulignent également que la Chine ne souhaite pas abandonner ses efforts visant à moderniser son vaste complexe industriel, qui lui permet d'influencer les chaînes d'approvisionnement, dans un contexte de concurrence commerciale accrue.
"Le déséquilibre entre une offre forte et une demande faible est criant, les attentes du marché sont faibles, et il existe de nombreux risques et dangers cachés sont nombreux dans des domaines clés", a dit Li Qiang.
Les économistes estiment qu'un objectif de croissance moins ambitieux donne à Pékin davantage de flexibilité pour mettre en oeuvre des réformes, telles que la réduction de la surcapacité industrielle, mais ont averti que ce changement ne signifiait pas pour autant un abandon de son modèle de croissance axé sur la production.
Le plan quinquennal vise à porter la valeur ajoutée des "industries clés de l'économie numérique" à 12,5% du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement mettra également en place des politiques visant à créer un marché national intégré des données et à établir un système de prévention des risques liés à la sécurité de l'intelligence artificielle (IA).
L'engagement à augmenter les dépenses en recherche et développement représente une hausse de 40% sur la durée du plan quinquennal. Ce mandat de financement vise à développer ce que le président Xi Jinping a qualifié de "nouvelles forces productives" dans des domaines tels que l'IA et les semi-conducteurs, et à protéger la Chine des contrôles à l'exportation américains.
La Chine s'est engagée à soutenir les développements "révolutionnaires" dans toute une série d'industries, de la biomédecine aux semi-conducteurs.
En matière de relance, la Chine prévoit un déficit budgétaire de 4,0% du PIB, similaire à celui de l'année dernière.
Elle a fixé des quotas d'émission de dette spéciaux inchangés pour le gouvernement central à 1.300 milliards de yuans (161.87 milliards d'euros) et pour les gouvernements locaux à 4.400 milliards de yuans.
(Rédaction de Pékin, rédigé par Marius Zaharia; version française Camille Raynaud)