La campagne démarre au Grand Lyon, qui concentre le pouvoir local information fournie par AFP 30/11/2025 à 14:26
A la Métropole de Lyon, véritable siège du pouvoir local, les LR, rangés sous la bannière de Jean-Michel Aulas, espèrent reprendre la présidence à l'écologiste Bruno Bernard qui a officialisé dimanche briguer un second mandat.
"Je suis candidat avec une équipe renouvelée pour une nouvelle étape", a-t-il annoncé au quotidien régional Le Progrès, précisant s'appuyer sur une large union des partis de gauche, hors LFI - et de la société civile.
Critiquant une campagne marquée jusque-là par "une suite de fake news, de propos caricaturaux, d'opposition systématique", il a estimé qu'il était "temps de débattre des propositions".
A moins de quatre mois du scrutin, Bruno Bernard, un ancien chef d'entreprise de 54 ans réputé fin stratège et gros bosseur mais jugé peu charismatique, part, selon les sondages, avec un handicap.
Au premier tour, il est donné neuf points derrière la cheffe de file des Républicains Véronique Sarselli, selon deux études d'opinion réalisées avant même qu'elle noue son alliance avec l'ancien patron de l'OL.
L'annonce mardi que la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon ferait campagne sous les couleurs de "Grand cœur Lyonnais", le mouvement de Jean-Michel Aulas lui-même candidat à la mairie de Lyon, a encore renforcé l'optimisme dans son camp.
"Je suis très heureuse de voir Véronique, femme de ma famille politique porter cette campagne", mais "Jean-Michel est XXL par rapport à nous tous", s'enthousiasme la directrice de campagne de ce dernier et élue municipale LR Béatrice de Montille.
- "Bulle" -
"Aujourd'hui il existe une bulle autour de Jean-Michel Aulas, un mythe", estime pour sa part Bruno Bernard, dont l'entourage est persuadé qu'"il reste un chemin" pour se maintenir à la tête de la deuxième métropole de France.
En 2020, l'écologiste était donné perdant dans tous les sondages jusqu'aux élections, rappellent ses proches. "Notre enjeu est de dépasser la question +pour ou contre les Verts+ et de ramener le débat sur le bilan et le projet", poursuivent-ils.
Encadrement des loyers, développement des pistes cyclables et du tramway, amélioration de la qualité de l'air... dans son entretien au Progrès, le président sortant a commencé à défendre les politiques menées depuis cinq ans par la puissante collectivité.
Créée en 2015, le Grand Lyon, qui englobe 58 communes et 1,4 million d'habitants, est la seule communauté d'agglomération de France dont l'assemblée est élue au suffrage universel direct.
Elle a récupéré une partie des compétences du département (développement économique, voirie, collèges, action sociale) et est dotée d'un budget annuel de près de 4 milliards d'euros (contre moins de 1,2 milliard pour la ville de Lyon).
L'ancien maire de Lyon Gérard Collomb ne s'y était pas trompé: en 2020, il a été candidat - malheureux - au Grand Lyon pas à la ville, la loi interdisant de cumuler les deux casquettes. "C'est à la métropole qu'on fait bouger les choses", justifiait-il alors.
- "Réacteur" -
A 76 ans, après une vie dans le foot et les affaires, Jean-Michel Aulas a, lui, choisi Lyon pour son entrée en politique pour "ce qu'elle représente" et parce qu'il la considère comme "le réacteur" de la métropole, souligne son entourage.
Mais il sait tout le poids du Grand Lyon et plusieurs de ses propositions ont une dimension métropolitaine (extension de la gratuité dans les transports en commun, création d'une police métropolitaine, etc.).
Quant à Bruno Bernard, même s'il vit et vote à Villeurbanne, son sort sera scellé dans la ville-centre: sur les 14 circonscriptions qui composent la métropole, six sont lyonnaises et, en 2020, les écologistes en ont raflé cinq. Pour rester aux commandes, il lui faudra rééditer ce score.
Son équipe mise sur la "sociologie" de Lyon, dont les quatre députés sont de gauche, pour donner tort aux sondages qui, là encore, donnent le maire EELV sortant Grégory Doucet sèchement battu par Jean-Michel Aulas.
Conscientes que leur destin est lié, les équipes des deux candidats écologistes partagent des bureaux, tout comme leurs rivaux font QG commun.
Bernard-Doucet versus Sarselli-Aulas, le match lyonnais se jouera en double.