La Belgique mobilisée face à un incendie historique information fournie par AFP 16/08/2026 à 18:04
Pompiers, agriculteurs, hélicoptères: la Belgique se mobilise dimanche contre l'un des pires feux de son histoire, qui a ravagé près de 3.000 hectares dans une réserve boisée, difficile d'accès.
Les pompiers travaillent d'arrache-pied depuis vendredi pour tenter de contenir ce brasier dans les Fagnes, une grande forêt de l'est du pays, prisée des randonneurs et à la merci des flammes.
"On tient le coup parce que tout le monde veut que ça s'éteigne", confie Grégory Mélotte, un pompier enchaînant sa troisième rotation dans le secteur.
"On a vraiment limité la casse pour éviter que ça prenne dans les grands sapins", affirme-t-il, tout en estimant que l'incendie n'est "pas sous contrôle".
Ces soldats du feu s’appuient sur le soutien de nombreux agriculteurs de la région, venus prêter main forte.
"Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler", raconte Jean-Pierre Robert, patron d'un hôtel proche du lac de Robertville, à l'AFP.
"On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès" à ce plan d'eau stratégique, explique cet homme de 54 ans.
Cet incendie est le plus gros de l'histoire belge récente - un brasier en 1911 avait également ravagé la zone.
Une journaliste de l'AFP escortée dans la zone incendiée a vu une vaste étendue de végétation carbonisée, dégageant énormément de fumée.
La région toute entière, proche de l'Allemagne, est d'ailleurs couverte d'un panache, jauni par endroits, qui a poussé les autorités à évacuer des habitants dans des villages proches de l'incendie.
Une ville allemande frontalière, Monschau, a également recommandé aux habitants proches de la frontière de partir.
L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres de là, ou même dans le département français de la Moselle qui a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique.
Aucune habitation n'a toutefois été touchée.
Le vent augmente
Selon les autorités, "plusieurs foyers" restaient "actifs" dimanche.
"On vient encore avoir un problème d'augmentation du vent et on a demandé encore un renfort d'une unité complète", a déclaré Luc Burette, le commandant de la zone de secours à un groupe de journalistes.
La configuration particulière du terrain, boisé et très accidenté, ne permet pas aux pompiers de se rendre au plus près des flammes.
Ni même d'accéder à la première zone qui a brûlé - ce qui fait que l'origine du feu reste encore inconnue.
La solution vient donc peut-être du ciel.
En plus de sa propre flotte, la Belgique mise sur un renfort aérien d'autres pays européens pour tenter de maîtriser la situation.
Renforts des Pays-Bas, Suède
Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes.
Grâce au mécanisme de protection civile, un dispositif européen activé samedi, la Belgique compte, en plus de ses deux propres hélicoptères, deux hélicoptères des Pays-Bas, des Chinook, ainsi que deux bombardiers d'eau venus de Suède, opérationnels dans l'après-midi.
La commissaire européenne Hadja Lahbib, chargée de l'état de préparation et de la gestion des crises, a précisé à l'AFP qu'un agent de liaison avait également été dépêché sur place pour coordonner le déploiement des moyens aériens.
"C'est crucial pour éviter les accidents", comme celui qui s'est produit début août en Grèce quand deux hélicoptères sont entrés en collision en tentant d'éteindre des flammes, a-t-elle souligné.
"Merci à nos partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent", a salué le Premier ministre belge Bart De Wever dans une publication sur X dimanche.
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un nouvel épisode de fortes chaleurs et de sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines parties du pays vendredi, des conditions propices au départ d'incendies.