La BCE doit garder la tête froide face à la guerre en Iran-De Guindos
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 11:36

* De Guindos appelle à la prudence sur les taux directeurs

* Il perçoit un risque pour la stabilité lié au crédit privé

* La BCE se réunit la semaine prochaine

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La Banque centrale européenne (BCE) doit faire preuve de prudence dans la fixation de ses taux directeurs, au regard de la grande incertitude liée à la guerre en Iran, a déclaré mardi le vice-président de l'institution, Luis de Guindos.

La prochaine décision de politique monétaire de la BCE est prévue le jeudi 30 avril. Ses responsables, dont la présidente Christine Lagarde, ont récemment laissé entendre que la banque centrale ne disposait pas encore de suffisamment d'éléments pour relever ses taux afin de juguler une reprise de l'inflation alimentée par la flambée des prix de l'énergie.

L'inflation en zone euro a augmenté plus qu'initialement prévu en mars, à 2,6% après 1,9% en février, dépassant largement l'objectif à moyen terme de 2% de la BCE, selon les données définitives publiées la semaine dernière par Eurostat.

Luis de Guindos a lui aussi appelé à la prudence et a déclaré que la BCE devrait se concentrer sur le fait de déterminer si la hausse des tarifs du pétrole et du gaz se traduit par une augmentation des autres prix.

"Je pense que nous devons faire preuve de prudence, garder la tête froide et analyser les données dans un contexte de grande incertitude", a-t-il déclaré lors d'un événement en Espagne.

Comme ses collègues de la BCE, il note que les prix de l'énergie se situent actuellement entre un scénario de base dit favorable et un autre plus défavorable marqué par des répercussions plus importantes et plus durables. Le scénario de base de la BCE ne prévoit qu'une hausse temporaire de l'inflation.

Luis de Guindos a également mis en garde contre trois sources de risque pour la stabilité financière dans la zone euro: les valorisations élevées des marchés, la politique budgétaire jugée laxiste de certains pays et les difficultés du crédit privé.

Le vice-président de la BCE, qui quittera ses fonctions à la fin du mois prochain, doit présenter son dernier rapport sur la stabilité financière le 27 mai.

(Reportage Francesco Canepa; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)