La BCE doit être prête à agir en cas de signes de pressions persistantes sur les prix
information fournie par Reuters 07/04/2026 à 08:37

Le gouverneur de la Banque nationale bulgare, Radev, s'exprime lors d'une interview accordée à Reuters à Sofia

par Balazs Koranyi

La Banque centrale européenne (BCE) ‌doit se tenir prête à relever ses taux d'intérêt sans tarder si des signes de pressions ​persistantes sur les prix apparaissent, a déclaré Dimitar Radev, membre du Conseil des gouverneurs de l'institution monétaire.

La flambée des coûts énergétiques provoquée par la guerre en Iran a déjà fait grimper l'inflation bien ​au-delà de l'objectif de 2% fixé par la BCE en mars, et les responsables de la BCE se demandent désormais s'il ​convient de resserrer la politique monétaire pour éviter ⁠que cette hausse ne se répercute sur les prix d'autres biens et services.

"Le bilan des ‌risques a évolué dans une direction défavorable", a déclaré Dimitar Radev, également gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie, lors d'un entretien avec Reuters.

"Si le scénario ​de base reste notre référence, la ‌probabilité d'un scénario plus défavorable a augmenté, notamment au vu du ⁠choc énergétique et du niveau élevé d'incertitude", a-t-il souligné, faisant référence aux trois scénarios économiques présentés par la BCE le mois dernier.

Un risque majeur réside dans le fait que les consommateurs et les ⁠entreprises pourraient rapidement commencer ‌à exiger des prix et des salaires plus élevés, déclenchant ainsi une spirale ⁠inflationniste difficile à freiner.

"L'évolution récente de l'inflation semble avoir accru la réactivité des anticipations, ce ‌qui signifie que la répercussion de nouveaux chocs peut se produire plus rapidement que ⁠dans des conditions normales", a averti le banquier central.

Ses commentaires font écho ⁠aux mises en garde ‌de nombreux autres responsables de la politique monétaire qui, sans aller jusqu'à réclamer explicitement des hausses ​des taux d'intérêt, ont déclaré que la BCE ‌devait se tenir prête à agir, y compris la présidente de l'institution, Christine Lagarde.

Pour l'instant, les anticipations d'inflation restent au niveau ​de l'objectif de la BCE et les effets dits de "deuxième tour" ne se reflètent pas dans les chiffres de l'inflation du mois de mars, qui montrent une hausse des cours ⁠de l'énergie mais aussi un ralentissement des pressions sur les prix des services.

Le contexte est toutefois fragile et susceptible de changer rapidement, a déclaré Dimitar Radev.

"Si le choc persiste et commence à affecter les salaires, les marges et les anticipations, le coût de l'inaction augmenterait (...) Dans une telle situation, agir en temps opportun serait la ligne de conduite la plus prudente", a-t-il affirmé.

(Version française Diana ​Mandiá, édité par Augustin Turpin)