La BCE dispose d'un "éventail d'options" face au choc énergétique, dit Lagarde information fournie par AFP 25/03/2026 à 14:49
La Banque centrale européenne dispose de différentes options pour réagir au choc énergétique lié à la guerre en Iran, des mesures qui seront adaptées en fonction de son ampleur et sa durée, a assuré mercredi la présidente de l'institution.
La BCE ne sera pas "paralysée par l'hésitation" et dispose d'un "éventail gradué d'options de réponse" en termes de politique monétaire, a dit Christine Lagarde, sans préciser toutefois lesquelles.
Les gardiens de l'euro n'agiront pas "avant d'avoir suffisamment d'informations sur l'ampleur et la persistance du choc ainsi que sur sa propagation", a-t-elle ajouté.
Selon elle, tout sera fait pour maintenir l'inflation à 2%, un engagement qui demeure "inconditionnel", alors qu'un essor durable des cours des hydrocarbures pourraient provoquer une envolée de la hausse des prix.
Ces déclarations "confirment le biais haussier de la BCE" vers un possible resserrement monétaire, juge auprès de l'AFP Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB.
De fait, Mme Lagarde a esquissé mercredi les réactions de la BCE à attendre face à un choc inflationniste plus ou moins prononcé.
L'institution va "regarder au-delà", en d'autres termes s'abstenir de réagir, si le choc énergétique est perçu comme limité en ampleur et de courte durée.
Si le choc entraîne un "dépassement important, mais pas trop persistant" de l'inflation au-dessus de la cible de 2%, alors "un ajustement mesuré de la politique pourrait être justifié", a poursuivi Mme Lagarde.
Enfin, s'il est prévu que l'inflation s'écarte de "manière significative et persistante" des 2%, la réponse doit être "suffisamment vigoureuse ou durable".
En tant que telle, la politique monétaire "ne peut pas faire baisser les prix de l'énergie", a prévenu Mme Lagarde.
Mais la BCE va surveiller le risque de voir l'actuelle flambée des prix du pétrole et du gaz conduire à une "inflation généralisée".
La situation actuelle est cependant différente, a expliqué Mme Lagarde: début 2022, l'inflation était déjà à 5% sur fond de forte demande et de pénuries post-Covid, tandis qu'aujourd'hui la reprise est modérée, l'inflation est proche de 2%, les politiques budgétaires sont moins accommodantes et les taux de la BCE, à 2%, conservent un caractère restrictif pour l'économie.
"La politique monétaire fera sa part" de manière à maintenir "les anticipations d'inflation ancrées (...) et garantir la stabilité des prix à moyen terme", a assuré lors de ce colloque Olli Rehn, gouverneur de la Banque de Finlande.