La Banque de France revoit à son tour sa prévision de croissance 2026
information fournie par Reuters 15/09/2026 à 19:04

La Banque de France à Paris

par Leigh Thomas

La Banque de France a annoncé mardi réviser à son ‌tour sa prévision de croissance pour cette année, emboîtant le pas à l'Insee et au gouvernement français et faisant à son tour le constat d'une faiblesse ​de la consommation des ménages et d'une volume d'investissements limité de la part des entreprises.

Dans ses projections macroéconomiques, la Banque de France dit ainsi anticiper désormais une hausse de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre une précédente estimation, datant de juin, de 0,5% et une estimation initiale de 1%.

"Ces projections ​macroéconomiques ont été réalisées dans un environnement international incertain et encore marqué par la poursuite du conflit au Moyen-Orient", précise la Banque de France, à un moment où les cours du pétrole ont repassé les ​barre des 100 dollars le baril en raison d'un nouveau pic des tensions ⁠dans la région du Golfe.

Vendredi, le gouvernement, en vue de la préparation du budget 2027, a abaissé pour la troisième fois cette année ‌sa prévision de croissance pour 2026, la ramenant à 0,5% contre 0,7% en juillet et 1,0% initialement.

Et jeudi, l'Insee a ouvert le bal en ramenant sa prévision de croissance 2026 de 0,7% à 0,4%.

En 2025, le PIB de la France, deuxième économie ​de la zone euro, avait progressé de 0,9%.

"Cette croissance ‌révisée est liée à une série de chocs que nous subissons. D'abord le choc énergétique lié à la ⁠guerre au Moyen-Orient depuis le 28 février. Tout le monde le subit et la France l'a d'ailleurs plutôt bien absorbé. Ensuite, nous avons subi des chocs spécifiques à l'économie française", déclare Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, dans un entretien publié par Ouest-France.

"Un choc sur les exportations au premier trimestre : il y ⁠a eu des perturbations importantes dans ‌la filière aéronautique, et en particulier les problèmes de livraison de moteurs. Au deuxième trimestre, nous avons aussi les premiers ⁠effets de la canicule. Entre mi-juin et fin août, nous avons eu 52 jours de chaleur très forte, tout cela a évidemment perturbé l’économie", ajoute-t-il.

REPRISE DE LA ‌CROISSANCE EN 2027 ET 2028

La Banque de France anticipe une amélioration de la croissance en 2027 et 2028, à la faveur d'une amélioration ⁠du pouvoir d'achat des ménages, d'une moindre tensions dans le domaine des prix énergétiques et d'une poursuite ⁠de la bonne tenue des exportations.

Elle voit ‌ainsi le PIB augmenter de 0,9% l'année prochaine et de 1,2% en 2028. Le gouvernement français a dit anticiper une croissance de 1% pour 2027.

"Comme dans ​les projections de juin, les risques qui entourent notre scénario de croissance demeurent orientés ‌à la baisse sur l'horizon de prévision. La poursuite du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix de l'énergie continuent d'alimenter une forte incertitude", précise la Banque de France.

En ​termes d'inflation en normes harmonisées IPCH, elle voit un niveau à 2,3% en moyenne annuelle - projection identique à celle de l'Insee - contre 0,9% en 2025, en raison surtout de la flambée des prix de l'énergie. Pour 2027 et 2028, la Banque de France anticipe des taux d'inflation à respectivement 1,9% ⁠et 1,6%.

Le gouvernement voit un taux d'inflation moyen à 2,1% pour cette année puis à 1,8% en 2027.

A court terme, le taux de chômage atteindra un pic de 8,4% en fin de cette année, le taux moyen de 2026 devant être de 8,3% selon la Banque de France, contre 7,7% en 2025. Ce taux devrait rester à 8,3% l'année prochaine puis revenir à 8,0% en 2028.

La Banque de France a également dit, dans un autre document, que sur la base de son enquête mensuelle auprès de 8.500 entreprises la croissance d'un trimestre sur l'autre devrait être de 0,1% au troisième trimestre contre une croissance nulle ​au deuxième.

(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par)