La Banque de France prévoit une croissance de 0,3% au T1
information fournie par Reuters 13/04/2026 à 20:00

La croissance de l'économie française a légèrement accéléré au premier trimestre, certaines entreprises s'étant empressées de passer des commandes face aux hausses de prix attendues suite au déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, a déclaré lundi la Banque de France (BdF).

Dans sa note de conjoncture mensuelle, la banque centrale française confirme sa prévision d'une progression du produit intérieur brut (PIB) allant jusqu'à 0,3% au premier trimestre dans la deuxième économie de la zone euro, contre 0,2% enregistré entre octobre et fin décembre 2025.

"Ceci confirme donc notre prévision d'une croissance ralentie, mais positive encore, pour l'économie française en 2026, malgré toutes les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient", a déclaré le gouverneur François Villeroy de Galhau.

Fin mars, la BdF a dit prévoir une croissance de 0,9% en France cette année dans son scénario de base.

L'enquête mensuelle de conjoncture, réalisée entre fin mars et début avril auprès d'environ 8.500 entreprises, souligne que l'activité a continué de progresser en mars, à un rythme voisin des mois précédents, dans l'industrie, les services marchands et le bâtiment.

Dans l'industrie, la production s'est nettement raffermie et a dépassé les anticipations de production des chefs d'entreprise formulées le mois précédent, précise la BdF.

Le secteur manufacturier a été porté par une forte dynamique dans l'aéronautique, le nucléaire et la défense, tandis que les services et le bâtiment ont également conservé un soutien global.

La banque centrale souligne toutefois que le conflit au Moyen-Orient, qui a entraîné une flambée des prix de l'énergie, affecte la confiance, les entreprises se montrant désormais plus prudentes quant aux perspectives pour le mois d'avril et les indicateurs d'incertitude ayant fortement augmenté pour atteindre des niveaux comparables à ceux des premiers mois de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.

François Villeroy de Galhau souligne également les difficultés d'approvisionnement d'un certain nombre d'entreprises industrielles, notamment celles qui dépendent des produits pétroliers ou des dérivés du pétrole comme les plastiques ou les solvants, en raison des perturbations des transports et de la hausse des coûts de l'énergie qui se sont répercutées sur certains secteurs industriels.

"Un nombre plus élevé d'entreprises laisse entendre qu'elles vont augmenter leurs prix de vente au mois d'avril : on était à 11% d'entreprises industrielles haussant leur prix en mars, ce qui est à peu près le taux habituel, mais on serait à 23% au mois d'avril", a averti le patron de la banque centrale.

"Au total, cette enquête étaye le diagnostic de la Banque de France d'une croissance qui serait résiliente, mais d'une inflation qui appelle vigilance de notre part", ajoute-t-il.

(Rédigé par Leigh Thomas, version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)