La Banque d'Angleterre maintient comme attendu son taux directeur à 3,75% information fournie par AFP 18/06/2026 à 15:31
La Banque d'Angleterre a maintenu jeudi son taux directeur inchangé pour la quatrième réunion d'affilée, à 3,75%, confortée par l'apaisement au Moyen-Orient, malgré les risques persistants d'inflation au Royaume-Uni.
Dans le protocole d'accord qu'ils viennent de signer pour mettre fin à la guerre, les Etats-Unis et l'Iran se sont engagés à la réouverture du détroit d'Ormuz, artère cruciale dans le transit pétrolier -ce qui diminue les anticipations de hausse des prix.
"Les prix du pétrole ont baissé ces derniers jours, et c'est encourageant. Mais ils sont toujours plus hauts qu'avant la guerre", a pointé le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au compte-rendu de la réunion de politique monétaire qui s'est tenue mercredi.
"Quoiqu'il se passe à l'avenir, les prix de l'énergie plus élevés de ces quatre derniers mois signifient que des pressions inflationnistes sont déjà présentes", a-t-il insisté.
Deux membres du Comité de politique monétaire (MPC) de la BoE sur neuf ont d'ailleurs voté en faveur d'une hausse de 0,25 point de pourcentage.
L'institution monétaire s'attend cependant à ce que l'inflation britannique, qui a déjoué en mai les prévisions de hausse en s'affichant stable, à 2,8% sur un an, reste sous 3% au troisième trimestre, et à peine au-dessus de 3,25% au dernier.
"C'est bien en deçà du scénario du pire qui avait été évoqué comme issue possible lors de la précédente réunion" en avril, avec un pic à plus de 6% début 2027, souligne Danni Hewson, analyste chez AJ Bell.
La BoE avait à l'époque ouvert la voie à une hausse de son taux en raison de la flambée des hydrocarbures, alors qu'elle prévoyait avant la guerre de l'abaisser pour donner un coup de pouce à une économie à la peine.
Même avec une résolution du conflit, la banque centrale britannique estime que restaurer la production d'énergie et le transit via Ormuz pourrait prendre du temps.
"Mais le marché de l'emploi continue de se détendre, et les signes d'affaiblissement de l'économie pourrait contenir les pressions inflationnistes", spécule-t-elle.
Le marché continue cependant d'envisager une hausse du taux directeur britannique d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Aussi la livre sterling n'a que peu réagi et poursuivait jeudi après-midi sa baisse amorcée avant l'annonce.
Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a elle aussi opté pour le statu quo, mais n'a pas exclu un tour de vis monétaire face à l'inflation, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur la semaine dernière.
La Banque nationale suisse (BNS) et la banque centrale norvégienne ont également laissé leurs taux inchangés jeudi.