L'université Panthéon-Sorbonne atteint un "point de rupture", alerte sa présidente
information fournie par AFP 10/03/2026 à 09:32

L'université Paris 1-Panthéon Sorbonne, en déficit depuis deux ans, a atteint "un point de rupture", alerte sa présidente Christine Neau-Leduc ( AFP / Dimitar DILKOFF )

L'université Paris 1-Panthéon Sorbonne, en déficit depuis deux ans, a atteint "un point de rupture" et ne se maintient à flots que grâce au "dévouement" de son personnel, a alerté mardi sa présidente Christine Neau-Leduc.

"Nous arrivons à maintenir nos missions de service public, mais nous sommes en déficit et nous atteignons un point de rupture", a-t-elle déclaré sur France Inter à l'orée d'une journée de mobilisation contre le "sous-financement chronique" des universités.

"Ca tient sur la bonne volonté, sur le dévouement des personnels et là il y a un point de rupture de fatigue", a-t-elle ajouté. "On a la mémoire courte, mais les années Covid ont été très difficiles, il a fallu beaucoup d'investissements, de transformation sur nos enseignements (...) Et là, on est en bout de course".

Cette bascule, si elle intervenait, pourrait signifier "accueillir moins d'étudiants" ou "réduire le nombre d'heures de cours", or "ce n'est pas du tout ce que l'on souhaite", a-t-elle insisté.

L'an dernier, l'université a d'ores et déjà été contrainte de faire des économies "sur l'achat des livres, sur la recherche : on a annulé des colloques, des missions, on a annulé du terrain pour nos étudiants", a-t-elle souligné.

Ce cri d'alarme est lancé à l'occasion d'une journée de mobilisation organisée par une intersyndicale de l'enseignement supérieur contre "les suppressions de postes dans le service public" et la "mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherche par leur sous-financement chronique".

Des rassemblements sont prévus devant le ministère à Paris à 12h et devant les rectorats en région en parallèle d'assemblées générales dans les universités à l'appel de l'Unsa, la CFDT, la FSU, la CGT, Sud et des organisations étudiantes (Fage, Unef, Union étudiante et FSE).

Les syndicats estiment qu'il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public, une lecture contestée par le ministère de l'Enseignement supérieur qui reconnaît toutefois qu'un "certain nombre d’universités font face à des difficultés financières".

Le ministère met notamment en avant le budget 2026 qui a validé "des crédits en hausse de 350 millions d'euros pour le ministère par rapport à 2025 ainsi qu’une augmentation de 725 millions d’euros des crédits de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires), qui s’élèvent à 31 milliards d’euros pour 2026".