L'Ukraine et la Russie échangent des frappes avant le début attendu d'un court cessez-le-feu information fournie par AFP 11/04/2026 à 13:30
La Russie et l'Ukraine ont échangé des frappes de drones dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures avant un court cessez-le-feu pour la Pâque orthodoxe, annoncé par Vladimir Poutine et accepté par son homologue Volodymyr Zelensky.
Le président ukrainien a toutefois prévenu samedi que Kiev répliquerait "coup pour coup" à toute violation de la trêve.
En Ukraine, visée par au moins 160 drones tirés par la Russie, quatre personnes ont trouvé la mort lors de frappes dans l'est et le sud du pays, selon Kiev.
Dans la région méridionale d'Odessa, deux personnes ont été tuées dans une frappe russe sur une zone résidentielle, selon les autorités.
Des bombardements russes ont blessé 14 personnes dans la région de Soumy (nord-est) et 10 autres à Kramatorsk, dans la région de Donetsk (est), toujours selon les autorités locales.
De l'autre côté du front, des drones ukrainiens lancés sur la région russe de Krasnodar (sud) ont incendié un dépôt de pétrole et endommagé des immeubles résidentiels, selon les pouvoirs locaux.
Et deux personnes ont été tuées lors d'une frappe de drone ukrainien sur des territoires de la région de Donetsk sous contrôle russe, ont indiqué les autorités installées par Moscou.
Ces attaques sont intervenues alors que la Russie et l'Ukraine sont convenues d'un cessez-le-feu le temps de la Pâque orthodoxe, de samedi à 16H00 (13H00 GMT) à dimanche soir, selon le Kremlin.
- "Coup pour coup" -
Le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, et son chef d'état-major Valéri Guérassimov ont reçu l'ordre de "cesser les opérations de combat dans toutes les directions pour cette période".
Volodymyr Zelensky a de son côté déclaré que l'Ukraine "respectera le cessez-le-feu" mais répliquera "coup pour coup" à toute violation russe, dans un message publié sur X.
Il avait auparavant souligné avoir déjà proposé une telle pause dans les hostilités, alors que les discussions en vue de mettre fin au conflit meurtrier - qui dure depuis quatre ans - avaient déraillé en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Une trêve similaire avait été annoncée l'an dernier également pour la Pâque orthodoxe, mais les deux camps s'étaient accusés mutuellement de l'avoir violée à de nombreuses reprises.
Plusieurs cycles de négociations menées sous l'égide des Etats-Unis n'ont pas réussi à rapprocher les belligérants d'un accord, le processus s'enlisant davantage à mesure que l'attention de Washington se déplaçait vers l'Iran.
Moscou exige de Kiev des concessions territoriales et politiques que Volodymyr Zelensky a rejetées, les assimilant à une capitulation.
Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, l'annonce de cette trêve n'a pas été discutée au préalable avec Kiev et Washington, et n'est pas liée aux négociations diplomatiques.
- Échange de prisonniers -
Parallèlement, Kiev et Moscou ont procédé samedi à un échange de 350 prisonniers de guerre: 175 de chaque camp. L'armée russe a annoncé ce nouvel échange, ensuite confirmé par Volodymyr Zelensky.
"La plupart (des soldats libérés, NDLR) étaient en captivité depuis 2022", a indiqué le dirigeant ukrainien, précisant qu'ils avaient été capturés lors de différentes batailles, notamment à Marioupol ou à la centrale nucléaire de Tchernobyl en 2022, ou encore dans la région russe de Koursk, visée par une opération ukrainienne en 2024 et 2025.
Selon Moscou et Kiev, 14 civils détenus, sept de chaque camp, ont également été échangés samedi et libérés.
La guerre a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Des millions d'autres ont été déplacées.
Les avancées russes ont ralenti depuis fin 2025, selon l'analyse des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé aux Etats-Unis.
L'ISW attribue ce ralentissement aux contre-attaques ukrainiennes, mais aussi à "l'interdiction faite à la Russie d'utiliser les terminaux Starlink en Ukraine" et aux "efforts du Kremlin pour restreindre l'accès à Telegram".
La situation est en revanche défavorable à Kiev plus au nord dans la région de Donetsk, en direction des deux grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk. A l'est de cette dernière, les troupes du Kremlin ont progressé sur une cinquantaine de km2 en mars.