L'Ukraine accuse la Russie de violer le cessez-le-feu proposé par Zelensky information fournie par Reuters 06/05/2026 à 18:06
(Actualisé avec Zelensky, détails, contexte)
L'Ukraine a accusé mercredi la Russie d'avoir enfreint au cours de la nuit le cessez-le-feu proposé par son président Volodimir Zelensky, les autorités du pays faisant état d'un mort et de trois blessés dans plusieurs zones du front.
"La Russie a violé le cessez-le-feu initié par l'Ukraine à minuit entre le 5 et le 6 mai", a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, dans un message publié sur le réseau social X.
Volodimir Zelensky a qualifié les dizaines de frappes aériennes et d'attaques de drone de la Russie de "rejet flagrant" de la paix par Moscou, alors que de villes telles que Kharkiv et Zaporijjia ont été ciblées.
"Cela montre que la Russie rejette la paix et que ses faux appels à un cessez-le-feu le 9 mai n'ont rien à voir avec la diplomatie", a souligné Andriy Sybiha.
Le président russe Vladimir Poutine "ne se soucie que des défilés militaires, pas des vies humaines", a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères.
La Russie avait annoncé il y a quelques jours un cessez-le-feu pour les vendredi 8 et samedi 9 mai, dates auxquelles elle commémore la victoire de l'Union soviétique sur l'Allemagne nazie en 1945.
En réponse, l'Ukraine a proposé un cessez-le-feu à durée indéterminée à compter de ce mercredi minuit, exhortant Moscou à s'y conformer.
Dans un communiqué, Volodimir Zelensky déclare que la Russie – qui n'avait pas confirmé son adhésion à la proposition de cessez-le-feu de l'Ukraine – a commis 1.820 violations jusqu'en fin de matinée mercredi.
"Le choix de la Russie constitue un rejet flagrant du cessez-le-feu et du sauvetage de vies humaines", dit-il.
Les autorités de la région de Soumy, dans le nord-est du pays, ont indiqué que deux personnes avaient été tuées lors de deux attaques distinctes menées par des drones russes contre une voiture civile et une école maternelle, où les enfants n'étaient pas présents.
À Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, une attaque de drones russes a endommagé sept bâtiments privés, a déclaré le maire de la ville tôt mercredi. D'autres grandes villes, dont Zaporijjia et Kryvyi Rih, ont fait état de dégâts similaires.
Ces nouvelles attaques interviennent après une journée particulièrement meurtrière mardi, au cours de laquelle 27 personnes ont été tuées par des attaques russes, dans les villes de Zaporijjia, de Kramatorsk et de Dnipro et dans les régions de Kharkiv et Poltava.
Alors que les pourparlers de paix soutenus par les États-Unis pour mettre fin à cette guerre sont au point mort, la Russie poursuit son offensive pour s'emparer du reste de la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine.
QUELLE RÉPONSE POUR L'UKRAINE ?
La Russie organise pour le 9-Mai une version "allégée" de son défilé militaire annuel dans le centre de Moscou, invoquant une menace accrue d'attaques ukrainiennes
Volodimir Zelensky a déclaré que les responsables ukrainiens décideraient plus tard dans la journée de mercredi des "mesures supplémentaires" à prendre en réponse aux attaques russes.
Il a ajouté, citant les services de renseignement ukrainiens, que la Russie concentrait ses défenses anti-aériennes autour de Moscou, ce qui "crée des opportunités supplémentaires" pour des attaques ukrainiennes dans d'autres zones de la Russie.
Les forces de Kyiv ont intensifié ces derniers mois leurs attaques contre des sites militaro-industriels et énergétiques à travers la Russie, en particulier les infrastructures pétrolières, dans le but d'affaiblir la machine de guerre du Kremlin.
Lundi, le ministère russe de la Défense a averti qu’il riposterait aux attaques ukrainiennes pendant les célébrations du 9-Mai par une "attaque massive de missiles" sur la capitale ukrainienne.
"Nous avertissons la population civile de Kyiv et le personnel des missions diplomatiques étrangères de la nécessité de quitter la ville sans tarder", a-t-il déclaré.
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a déclaré lundi qu'un drone ukrainien avait frappé un immeuble dans la capitale russe pendant la nuit, sans toutefois faire de victimes.
"Peut-être devrions-nous agir comme le fait la Russie. C'est-à-dire ne pas rester silencieux, ne pas respecter la trêve", déclare Nataliia Fomenko, 52 ans, une habitante de Kyiv. "Nous n'avons pas d'autre choix."
(Anna Pruchnicka, version française Benoit Van Overstraeten et Etienne Breban, édité par Benjamin Mallet)