L'UE va placer les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes
information fournie par Reuters 29/01/2026 à 16:09

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne sont parvenus jeudi à un accord politique pour placer le Corps des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) sur la liste des organisations terroristes, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE.

"Les ministres des Affaires étrangères de l'UE viennent de prendre la décision décisive de désigner les Gardiens de la révolution iranienne comme une organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens court à sa perte", a écrit Kaja Kallas sur le réseau social X.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Vingt-Sept ont aussi décidé d'imposer des sanctions contre des responsables iraniens impliqués dans la répression sanglante des manifestations anti-gouvernementales, dont le ministre de l'Intérieur, et le soutien apporté par Téhéran à l'effort de guerre russe en Ukraine.

Le placement des Gardiens de la révolution, unité d'élite des forces armées iraniennes sous les ordres de l'ayatollah Ali Khamenei, sur la liste des organisations terroristes au côté de groupes comme l'Etat islamique ou Al Qaïda, marque un changement d'approche symbolique pour l'UE, qui avait jusqu'à présent privilégié le dialogue avec les dirigeants iraniens.

La France, qui fait partie avec l'Allemagne et le Royaume-Uni du "E3" européen négociant avec Téhéran sur son programme nucléaire, a longtemps été réticente à une telle mesure qui nécessitait l'unanimité des Vingt-Sept, avant de faire savoir mercredi dernier qu'elle y était désormais favorable.

Créés après la révolution de 1979 pour assurer la sécurité du régime théocratique iranien, les Gardiens de la révolution ont depuis été chargés de superviser les programmes nucléaire et de missiles balistiques de l'Iran - tous deux sous le coup de sanctions internationales -, tout en étendant considérablement leur influence au sein de l'armée et de l'économie du pays.

(Reportage de Lili Bayer, version française de Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)