L'UE prépare des normes d'efficacité énergétique pour les centres de données information fournie par Reuters 03/06/2026 à 15:56
par Kate Abnett
L'Union européenne va élaborer des normes d'efficacité énergétique pour les centres de données, a annoncé mercredi la Commission européenne qui redoute les retombées environnementales de la hausse de la consommation d'électricité liée à ce secteur.
La capacité des centres de données européens devrait plus que doubler au cours des prochaines années pour atteindre 28 gigawatts d'ici 2030, contre 12 GW l'an dernier, une expansion qui portera leur part de la consommation d'électricité bien au-delà du niveau actuel situé à environ 2,5%.
La Commission européenne a précisé qu'elle travaillerait à l'élaboration de normes minimales de performance applicables aux nouveaux centres de données comme aux installations existantes, une "évaluation des besoins" étant attendue d'ici 2027.
"L'Europe a besoin de centres de données très efficaces sur le plan énergétique et durables pour soutenir la transition vers une énergie propre", dit la Commission européenne.
ENERGIVORES
Pilier des services numériques, les centres de données alimentent l'essor du calcul intensif et de l'intelligence artificielle.
Mais leur forte demande énergétique risque de freiner la transition vers une énergie propre en Europe si des centrales à combustibles fossiles sont maintenues plus longtemps en activité ou si de nouvelles capacités sont construites pour répondre à la demande, tout en exerçant une pression à la hausse sur les prix de l'électricité à mesure que les réseaux sont sollicités.
"Si ces défis ne sont pas traités dès maintenant au niveau de l'UE, ils pourraient s'amplifier considérablement et devenir plus difficiles à résoudre dans les années à venir, alors que la consommation d'énergie du secteur devrait encore augmenter", a averti la Commission.
Les centres de données devraient représenter 20% de la croissance de la demande d'électricité dans les économies avancées d'ici 2030, selon l'Agence internationale de l'énergie.
L'UE travaille par ailleurs à la mise en place d'un label de durabilité pour les centres de données, qui porterait notamment sur l'utilisation de l'eau et l'approvisionnement en énergie propre, et dont les grands sites devraient rendre les critères publics.
Cette proposition, attendue mercredi, a toutefois été retardée. Des responsables ont confié à Reuters sous le sceau de l'anonymat que la Commission débattait encore de questions telles que l'évaluation des centres de données alimentés par l'énergie nucléaire. Un porte-parole de la Commission n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Ces projets s'inscrivent dans un ensemble plus large de mesures technologiques de l'UE visant à renforcer les capacités européennes en matière de cloud et d'intelligence artificielle et à réduire la dépendance à l'égard des grandes entreprises technologiques. Parmi les autres initiatives figurent le recours à l'IA générative pour accélérer les procédures d'autorisation de nouveaux projets énergétiques et le financement d'outils d'IA destinés à aider à la gestion des réseaux électriques européens.
Ces normes d'efficacité devraient rapidement concerner la France où des investissements massifs ont été annoncés lors du Sommet Choose France.
SoftBank s'est engagé à lui-seul à investir jusqu'à 75 milliards d'euros en France dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle (IA), dont 45 milliards d'ici à 2031 dans les Hauts-de-France.
Le groupe japonais veut ainsi développer et exploiter 5 GW de capacité de centres de données dédiés à l'IA, dont 3,1 GW dans la région Hauts-de-France.
(Reportage Kate Abnett, version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)