L'UE évoque de nouvelles sanctions contre Moscou, accusé d'une tentative d'attaque sur le sol allemand information fournie par Reuters 02/09/2026 à 16:00
par Padraic Halpin, Conor Humphries et Andreas Rinke
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, entend accentuer la pression sur la Russie, notamment à travers de nouvelles sanctions, en réplique à une tentative d'attaque à l'aéroport de Leipzig/Halle imputée à Moscou.
La cheffe de l'exécutif européen a fustigé mercredi la "témérité" croissante de la Russie, accusée par l'Allemagne de mener une guerre hybride pour intimider et semer la division entre les pays qui se sont ralliés à l'Ukraine après l'invasion de février 2022.
Moscou nie toute implication dans l'incident de Leipzig - la découverte d'un drone explosif près d'un avion-cargo ukrainien début août - et s’est engagé à riposter à ce que le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié d’"action anti-russe".
Ursula von der Leyen a dénoncé une nouvelle escalade sur le sol européen.
"Il s'agissait d'une attaque menée à l'aide de matériel militaire par des agents russes sur le territoire de l'UE", a-t-elle déclaré à des journalistes à Bruxelles.
"L'Europe et l'Otan ne se contenteront pas de maintenir la pression sur la Russie. Nous allons l'intensifier et nous ne cesserons pas nos efforts", a-t-elle souligné.
Lors d’une réunion ministérielle à Wicklow (Irlande), la haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, Kaja Kallas, a estimé que l'attaque déjouée à Leipzig/Halle présentait "toutes les caractéristiques du terrorisme d’État".
Elle a également indiqué que l'UE allait décider de sanctions visant le complexe militaro-industriel russe.
MACRON DÉNONCE UNE INGÉRENCE
En visite aux Pays-Bas, le président français Emmanuel Macron a de nouveau affirmé mercredi son "soutien" et sa "solidarité" à l'Allemagne.
"Il est très clair qu'une fois encore, c'est une ingérence", a-t-il dit à la presse, reprenant lui aussi les termes de "guerre hybride" que Moscou mènerait contre l'UE.
La France souscrira pleinement à toute sanction prise contre la Russie "pour couper son effort de guerre et faire cesser ses actions hostiles", a déclaré pour sa part le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Paris enjoint aux pays membres de l'UE de "rester unis et déterminés".
Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a convoqué le chargé d’affaires russe, comme d'autres diplomates russes l'ont été au sein de l'Union européenne.
L’Allemagne a annoncé qu’elle fermerait le consulat général russe à Bonn et mettrait fin à son accord avec le centre culturel "Russian House" à Berlin.
Quant au ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, il a déclaré : "Notre objectif est de montrer que ces activités ne nous intimideront pas et ne nous empêcheront pas de soutenir l’Ukraine et de maintenir notre pression sur la Russie".
L'Allemagne a été confrontée à deux cas présumés de sabotage en l’espace de 24 heures, l'un dans une sous-station électrique en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et l'autre, mardi, à Brandebourg lorsque des lignes électriques ont été endommagées.
(Reportage de Padraic Halpin, Conor Humphries, Andreas Rinke, John Irish, Dominique Vidalon, Charlotte Van Campenhout, Lili Bayer, Christoph Steitz, Matthias Inverardi et Miranda Murray; Rédigé par Matthias Williams; Version française Rihab Latrache)