L'UE enquête sur l'aide publique au prolongement d'un réacteur nucléaire roumain
information fournie par Boursorama avec AFP 16/04/2026 à 19:11

La Commission européenne a ouvert jeudi une enquête approfondie sur l'aide publique au prolongement d'un réacteur nucléaire en Roumanie, disant craindre que cela ne fausse la concurrence sur le marché de l'électricité.

La centrale de Cernavoda, en Roumanie (illustration) ( AFP / DANIEL MIHAILESCU )

Il s'agit du premier des deux réacteurs de la centrale de Cernavoda, dans le sud-est du pays, le seul site de production d'électricité nucléaire de Roumanie.

Ces deux unités, en fonctionnement depuis les années 1990, produisent environ 20% de l'électricité consommée en Roumanie.

En janvier 2026, la Roumanie a annoncé à la Commission un vaste programme de rénovation, visant à prolonger de 30 ans la durée de vie du réacteur numéro 1.

La Commission européenne dit reconnaître les mérites d'un soutien public à ce projet, qui aidera à sécuriser l'approvisionnement en électricité du pays, tout en contribuant aux objectifs de décarbonation européens.

"Néanmoins, la Commission a des doutes quant au fait que la mesure soit pleinement conforme aux règles de l'UE en matière d'aides d'État", qui visent à éviter des distorsions de concurrence, précise-t-elle dans un communiqué.

La Roumanie prévoit de financer à divers titres ce projet chiffré à 3,2 milliards d'euros, notamment via une subvention de 600 millions d'euros, des garanties d'État pour les emprunts finançant les travaux, et des mécanismes visant à garantir des recettes stables à l'exploitant, Nuclearelectrica.

L'UE a également ouvert ce mois-ci une enquête similaire sur les aides de la France à la construction de six nouveaux réacteurs, dits EPR2, par EDF.

Ces procédures, qui relèvent des pouvoirs de la Commission en matière de concurrence, ne remettent pas en cause le récent changement de ton de l'exécutif européen à l'égard de l'atome.

En mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait estimé que réduire la part du nucléaire civil en Europe était une "erreur stratégique".