L'Onu alerte sur une aggravation des violations des droits humains en Birmanie information fournie par Reuters 25/08/2026 à 15:42
par Olivia Le Poidevin
La situation des droits humains en Birmanie a atteint un nouveau point bas, marquée par les violations généralisées visant la minorité Rohingya et par l'essor d'une économie illicite, alimentée notamment par l'extraction illégale de terres rares, a déclaré mardi l'Organisation des Nations unies (l'Onu).
Dans un rapport couvrant la période de juin 2025 à mai 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme estime que la persistance du conflit, les violences militaires et l'essor d'une "économie de guerre" exposent les civils à de graves difficultés.
Tant l'armée birmane que l'armée d'Arakan, qui contrôle une grande partie de l'État de Rakhine, à l'Ouest de la Birmanie, se sont rendues coupables de violations systématiques contre des Rohingyas, notamment de meurtres, de torture, de travail forcé, de détentions arbitraires et de déplacements de population.
Aucune des deux parties n'a répondu à une demande de commentaire.
Après l'exode forcé de 2017, qui a contraint des centaines de milliers de Rohingyas à fuir l'Etat de Rakhine, cette minorité reste victime de discriminations systématiques, a déclaré l'Onu.
Plus de cinq ans après le coup d'État, l'armée continue de recourir aux frappes aériennes, aux incendies criminels et aux restrictions de l'aide humanitaire pour maintenir son emprise sur le pays. Au moins 8.075 civils ont été tués depuis 2021, un bilan probablement largement sous-estimé, selon les Nations unies.
L'Onu estime à 3,6 millions le nombre de déplacés internes, tandis que 12,4 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire aiguë et qu'environ 400.000 femmes et enfants sont touchés par la malnutrition aiguë.
Dans l'État de Rakhine, l'Onu accuse l'armée d'Arakan d'arrestations arbitraires, de torture, de violences sexuelles, de travail forcé et de confiscations de terres, notamment en empêchant les Rohingyas déplacés de rentrer chez eux.
Le rapport fait également état de la saisie d'environ 809 hectares de terres, ainsi que de témoignages évoquant le travail forcé d'enfants, la torture et des décès en détention.
L'Onu met en évidence l'expansion rapide de l'exploitation illégale des terres rares dans les États Kachin et Shan, où l'effondrement de l'État de droit a favorisé l'essor d'activités illicites finançant le conflit.
Selon l'organisation, le commerce des terres rares a atteint un pic d'environ 1,4 milliard de dollars en 2023, alimentant principalement le marché chinois.
Les rejets toxiques ont contaminé les cours d'eau et les terres agricoles, contribuant à des fausses couches et à des maladies chroniques. Ils ont également pollué des rivières se jetant en Thaïlande, où des analyses ont mis en évidence des niveaux élevés de métaux lourds, selon l'Onu.
(Rédigé par Olivia Le Poidevin avec la contribution de la rédaction Reuters, Version française par Aleksandra Kret, édité par Benoit Van Overstraeten)