L'OMS livre du matériel de premier secours au Liban, les voyageurs quittent le pays information fournie par Reuters 05/08/2024 à 13:16
L'Organisation mondiale de la Santé a livré lundi 32 tonnes de matériel médical, notamment des "trauma kits" pour blessures de guerre, au Liban, où les risques d'un nouveau conflit poussent des dizaines de personnes à quitter le pays.
Près de dix mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, la menace d'une extension des hostilités et de l'ouverture de nouveaux fronts prend corps.
L'Iran et le Hamas ont juré vengeance à l'encontre d'Israël à la suite de l'assassinat, le 31 juillet à Téhéran, du chef politique du mouvement palestinien, Ismaïl Haniyeh. Une opération survenue le lendemain de la mort du commandant militaire du Hezbollah libanais, Fouad Chokr, tué par une frappe de Tsahal dans la banlieue Sud de Beyrouth.
Ces deux pertes symboliques, conjuguées à la mort de Mohammed Deif, chef militaire du Hamas, à la suite de frappes israéliennes le 13 juillet sur Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ouvrent "une nouvelle phase" conflictuelle, selon l'Iran et ses alliés du Hezbollah et des Brigades Al-Qassam, branche armée du Hamas.
Les accrochages entre le Hezbollah et l'armée israélienne à la frontière israélo-libanaise n'ont de cesse depuis le déclenchement du conflit dans la bande de Gaza, le 7 octobre dernier.
Dans le sud du Liban, zone où se concentrent les incidents armés, la prise en charge des blessés dans les hôpitaux est compliquée par le manque de ressources, dû à la crise économique qui étreint le pays, et au regain de tensions.
Le ministre libanais de la Santé, Firass Abiad, a déclaré à des journalistes que le matériel et les médicaments fournis par l'OMS iraient en priorité aux établissements médicaux les plus exposés afin qu'ils soient prêts pour toute situation d'urgence.
L'OMS a notamment livré un millier de "trauma kits", des trousses de premiers soins pour des traumas par balles ou autres projectiles, notamment.
A l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, des familles d'origine libanaise venues en vacances au Liban faisaient la queue en vue de leur départ prématuré.
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Turquie, la France, ont recommandé à leurs ressortissants présents au Liban de quitter sans délai le pays face à la "situation sécuritaire" dans la région.
"C'est très triste, la situation est très triste. A peine sortis d'une crise, on tombe dans une autre", témoignait Sherin Malah, une Italienne d'origine libanaise venue rendre visite à sa mère.
Les Nations unies ont également demandé aux familles de ses agents au Liban de quitter le pays et l'ambassade de Suède a temporairement relocalisé son personnel à Chypre.
A Tyr, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, l'atmosphère est paradoxalement à l'insouciance et au farniente. Des enfants jouent dans l'eau, des colonnes de fumée, consécutives à des tirs d'artillerie israéliens, en arrière-plan.
"Vous voyez, les gens sont à la plage. Cette terre est notre terre, nous ne la quitterons pas", souligne Ghalib Badaoui, un habitant de Tyr.
(Reportage Emilie Madi et Jihad Shalbak à Beyrouth, Hassan Hankir à Tyr, rédigé par Maya Gebeily; version française Sophie Louet)