L'Italie devrait tirer des leçons de l'Espagne en matière de croissance économique - ISTAT
information fournie par Reuters 21/05/2026 à 16:30

par Antonella Cinelli

L'économie italienne enregistrera en 2026 une croissance inférieure à 1% pour la quatrième année consécutive, a annoncé jeudi l'Office national des statistiques ISTAT, qui estime que le pays devrait regarder du côté de l'Espagne pour doper ses performances économiques.

Après un rebond de l'activité juste après l'épidémie de COVID-19, au début de la décennie, l'Italie n'a connu qu'une croissance de 2,3% sur la période 2023-2025, soit environ un quart de l'expansion de 9% enregistrée par l'Espagne au cours de la même période, note l'ISTAT dans son rapport annuel.

L'office des statistiques établit une comparaison entre les politiques d'immigration et d'investissement des deux pays, l'Italie étant la troisième économie de la zone euro et l'Espagne la quatrième, pour illustrer l'écart d'efficacité entre Rome et Madrid.

Parmi les facteurs freinant la croissance italienne figurent une crise démographique de longue date et une approche trop à court terme en matière d'investissement, qui ne met pas suffisamment l'accent sur la technologie, souligne l'ISTAT.

LE TAUX D'ACTIVITÉ EN ITALIE EST LE PLUS BAS DE L'UE

En Italie, en 2025, un tiers des personnes âgées de 15 à 64 ans ne travaillaient pas et ne cherchaient pas d'emploi, soit le taux le plus élevé de l'Union européenne.

Autrement dit, 66,7% de la population italienne est activement engagée sur le marché du travail, contre une moyenne de 75,7% dans l'UE, poursuit l'ISTAT.

Et même si ce taux d'activité a augmenté ces dernières années, "le simple déclin démographique entraînerait, d'ici 2050, une baisse de plus de cinq millions du nombre de personnes actives âgées de 15 à 64 ans", a déclaré Cristina Freguja, chercheuse à l'ISTAT, lors de la présentation du rapport.

Pour contrer les effets du déclin démographique, il est nécessaire d'augmenter considérablement les taux de participation au marché du travail, propose le rapport, une voie dans laquelle l'Espagne s'est engagée en misant sur l'immigration.

Entre 2022 et 2025, la population italienne âgée de 15 à 64 ans n'a augmenté que de 1,6%, contre une croissance de 4,6% en Espagne, qui s'explique notamment par une hausse de 22,3% du nombre de résidents étrangers. En Italie, ce chiffre n'a augmenté que de 4,6%.

L'ITALIE INVESTIT DANS LES MAUVAIS SECTEURS

Les meilleures performances de l'économie espagnole reflètent également l'importance qu'elle accorde aux secteurs plus avancés sur le plan technologique, en particulier dans les services, indique encore le rapport.

L'année dernière, l'Espagne a enregistré une croissance de 16,1% des investissements par rapport à 2022, contre une hausse de 10,4% en Italie sur la période.

Surtout, l'Espagne a connu une forte croissance des investissements liés à la propriété intellectuelle, en hausse de 23,7%.

Ce chiffre est à comparer à une augmentation plus limitée de 7,8% en Italie, où les investissements se sont fortement concentrés dans le secteur de la construction (+14,7%), qui a un impact moindre sur la productivité à long terme.

En Italie, les investissements dans la technologie ont représenté 19% du total des investissements l'année dernière, un chiffre inférieur à la moyenne de l'UE, a relevé Stefano Menghinello, statisticien à l'ISTAT.

(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Sophie Louet)