L'Iran se prépare à des pourparlers avec Washington, Trump maintient la menace d'une intervention
information fournie par AFP 03/02/2026 à 13:50

L'ancienne ambassade américaine à Téhéran, communément appelé le "nid d'espions", le 1er février 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères pour des négociations directes avec les Etats-Unis, mais a rejeté d'emblée toutes "demandes déraisonnables", Donald Trump menaçant à nouveau Téhéran de "mauvaises choses" en cas d'échec de la diplomatie.

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions, organisées grâce à la médiation de l'Egypte, du Qatar, d'Oman et de la Turquie, auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais si non, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu lundi le président américain, qui a envoyé des navires de guerre dans la région et échange ces derniers jours les menaces avec la République islamique.

M. Pezeshkian a annoncé sur X avoir mandaté le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, pour des négociations directes et "équitables" avec les Etats-Unis, "à condition qu'existe un environnement approprié, sans menaces ni demandes déraisonnables".

Selon le site américain Axios et l'agence iranienne Tasnim, M. Araghchi ferait face à Steve Witkoff, l'émissaire de M. Trump.

Les pays médiateurs aident notamment à finaliser le cadre de pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran - qui n'ont pas relation diplomatique directe depuis quatre décennies -, a expliqué lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

"Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar mardi.

- "Libérer les prisonniers" -

La pression s'accentue sur la République islamique depuis qu'elle a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation, déclenché au départ par des manifestations contre le coût de la vie.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, le 18 janvier 2026 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser d'abord à "mettre fin à cette répression", qui a fait des milliers de morts selon les ONG de défense des droits. La diplomatie française a aussi appelé à "libérer les prisonniers, rétablir les communications, rendre sa liberté au peuple iranien" avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées, et a pu confirmer 6.854 morts dans la mobilisation, en grande majorité des manifestants.

- "Pas d'armes nucléaires" -

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément. Des négociations entre les deux pays s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Les Etats-Unis demandaient que l'Iran y renonce totalement, ce à quoi Téhéran se refuse, invoquant son droit au nucléaire civile en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.

"Le président Trump dit +pas d'armes nucléaires+ et nous sommes tout à fait d'accord avec ce point. (...) en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions. Cet accord est donc possible. Ne parlons pas de choses impossibles", a insisté dimanche sur CNN M. Araghchi, dont le pays a aussi exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.

La République islamique avait conclu en 2015 un accord encadrant strictement ses activités nucléaires, mais celui-ci était devenu caduc après un retrait unilatéral américain ordonné par Donald Trump lors de son premier mandat en 2018.

Mardi matin, un important incendie s'est par ailleurs déclaré dans un bazar de l'ouest de Téhéran selon un média local, mais sa cause n'est pour l'heure pas connue.